Le 27 mars, le centre culturel de Havelange prévoyait d'accueillir un spectacle intitulé "Madonna (non) grata". Une œuvre qui détourne allègrement la figure de la Vierge Marie. Ce 13 mars, CathoBel publiait une Opinion très critique signée par une porte-parole de catholiques blessés. Dans le même temps, après avoir fait l'objet de menaces, le centre culturel annonçait la déprogrammation de l'œuvre.
"Une création aux confins du divin et de l'humain; vierge et putain, sacrée et déliquescente": c'est ainsi que le centre culturel présentait le spectacle "Madonna (non) grata", programmé pour ce 27 mars en son sein. Le pitsch du spectacle? "Enfermée dans son autel durant une éternité, on l'appelle étoile du matin, immaculée conception, reine conçue sans péché originel. Mais son autel est désormais un temple de moisissures. Aujourd'hui, Marie vit seule, au côté de Dagobert, un cadi qui scande des prières mariales à longueur de journée. Elle est malade, sa chair pourrit, mais elle est immortelle. C'est dans cette existence solitaire, à la fois maudite et divine, que cette âme, imposée comme icône, réinvente son corps et son histoire. Elle devient ce que l'on n'a jamais voulu qu'elle soit: une vierge déchue, incarnation du sacré décomposé."
"L'impossibilité d'envisager un dialogue serein"
Ces derniers jours, la prochaine tenue du spectacle a suscité pas mal de réactions, notamment au sein du monde catholique. Le centre culturel, pour sa part, évoque des faits plus graves de harcèlement, de menaces et même de propos xénophobes. Il n'exclut d'ailleurs pas de saisir la justice. C'est dans ce contexte qu'il a fait savoir, ce vendredi matin, que la Compagnie C.A.L.M.A., à l'origine du spectacle, avait décidé d'annuler sa venue:
"Face à l'intolérance et aux intimidations, face à la radicalité de certains propos tenus et l'impossibilité d'envisager, sur ces bases, un dialogue serein avec ses détracteurs, la Compagnie C.A.L.M.A a décidé d'annuler sa venue à Havelange."
"Aucunement une attaque de la religion catholique"
Le centre culturel insiste aussi sur le fait que ni les artistes ni ses instances n'avaient l'intention de heurter.
"Nous regrettons le fait que l'image et les mots choisis pour présenter le projet en création aient pu heurter certain.e.s. Ce n'est pas notre intention, ni celle des artistes. Le spectacle ne consiste aucunement en une attaque de la religion catholique, du clergé, des croyantes et croyants. Il s’approprie, détourne, hybride une image iconique, celle de la Madonne, depuis longtemps versée aussi dans la culture pop’ et laïque ; il en fait un personnage de fiction afin de questionner la place des femmes et éclairer les injonctions contradictoires que notre société leur adresse."
C'est aussi ce vendredi matin que sur le site de CathoBel, Marguerite-Marie Verbeke, représentante d'un groupe de catholiques choqués, avait pris soin de signer une pétition dénonçant le spectacle. En voici le texte, rédigé donc avant l'annulation du spectacle.
Le texte de la pétition
D’après le descriptif, il s’agit de représenter "une créature aux confins du divin et de l’humain; vierge et ***, sacrée et déliquescente". Cela donne une idée du ton!
Malheureusement, il ne sera pas à priori un événement isolé, mais "une étape de travail (…) sur leur prochaine création". Déjà, le projet avait été présenté lors du festival de Liège en septembre 2025. Où cela s’arrêtera-t-il?
Face à ce scandale, nous pouvons nous sentir démunis. Les catholiques, indignés à juste titre, sont-ils condamnés à rester les bras croisés? Nous tenterons de vous proposer quelques éléments de réflexion à ce sujet.
1. Une société qui se veut respectueuse de toutes les différences peut-elle permettre des spectacles outrageants les catholiques et surtout diffamant gratuitement la Sainte Vierge Marie?
Si on autorise n’importe quel spectacle attaquant la foi et la religion catholique au nom de la liberté d’expression, si on reconnaît un droit au blasphème, n’est-ce pas reconnaître juridiquement la liberté d’offenser une personne, ou un groupe de personne, directement dans ses croyances en Dieu? Mais aussi le droit de porter atteinte à la réputation de quelqu’un, en l’occurrence de la Vierge Marie, personnage historique, sans aucun fondement?
2. Qu’apporte ce spectacle, si ce n’est un plus grand désarroi, dans une société en perte de repères?
On ne peut nier le malaise qui règne dans la société, une difficulté à trouver un sens à la vie. Le nombre de suicides en est une illustration, pour n’évoquer qu’un phénomène parmi d’autres. Quel est l’intérêt d’un tel spectacle? La haine est avant tout destructrice et elle ne permet pas une réflexion constructive. Est-ce une telle société que nous voulons pour nos enfants?
De plus, si nous laissons flétrir cette grande figure féminine qui est au coeur de notre civilisation chrétienne, alors que restera-t-il de nos grandes traditions qui ont fait notre pays?
3. Un catholique laisserait-il l’honneur de sa mère du Ciel, de la mère de Dieu, bafoué?
Chacun porte un amour et un respect tout particulier envers sa mère sur terre. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour notre mère du Ciel? Ne serions-nous pas ingrats de laisser salir et vilipender ce nom qui nous est cher, sans manifester notre désapprobation?
Laisserons-nous ce Coeur Immaculé, débordant de charité, recevoir ces insultes sans chercher à le consoler? Laissons nos oreilles et notre coeur méditer les mots de Notre-Dame à soeur Lucie:
« Vois, ma fille, mon Coeur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. » (10 décembre 1925 à Pontevedra).
Mais il ne s’agit pas seulement d’une insulte à une personne bien réelle, à une personne qui nous est chère, mais surtout à une personne sainte, à la mère de Dieu. Les réalisateurs se proposant de présenter cette «madonna» telle «qu’on a jamais voulu qu’elle soit: une vierge déchue, incarnation du sacré décomposé», ce spectacle fait clairement injure à Dieu et à sa mère, il est donc sans conteste blasphématoire. Les catholiques peuvent-ils oublier que « de Dieu, on ne se moque pas » (Gal. VI, 7)?
Ainsi, après ces quelques éléments de réflexions...
... nous lançons l'invitation
A prier et à réparer pour toutes ces offenses; à questionner notre entourage par des réflexions sur des sujets religieux, mais aussi humains et sociétaux; à agir concrètement dans la mesure de nos moyens en écrivant nombreux notre indignation aux responsables de ces spectacles blasphématoires. Tout cela dans un esprit de charité qui interdit de nuire au prochain, mais qui commande d’aimer Dieu et donc de le défendre. Ce n’est pas grand-chose, mais ces actions menées conjointement par un grand nombre pourront réellement faire la différence!
Maguerite-Marie VERBEKE
Titres, chapeau et intertitres sont de la rédaction. Titre original de ce texte: Pouvons-nous défendre l’honneur de la Sainte Vierge Marie dans un état qui se dit neutre?
