Le 1er dimanche du carême, l’Eglise célèbre l’appel décisif des catéchumènes : chacun est appelé par son nom en vue du baptême qu’il recevra à Pâques. Le catéchumène participe ensuite à trois célébrations consécutives : les scrutins. "Ce chemin que les catéchumènes parcourent pendant le carême n’est-il pas aussi, pour nous, une belle préparation à Pâques ?" interroge l'archevêque de Malines-Bruxelles dans sa lettre. Découvrez-la en intégralité ci-dessous.
Un carême au rythme des catéchumènes
Le nombre croissant de catéchumènes nous invite à enrichir notre manière de vivre le temps du carême. En effet, celui-ci est aussi le temps de la préparation immédiate au baptême que ces adultes recevront dans la nuit de Pâques.
« Lève-toi, il t’appelle ! »
Après un temps de catéchuménat – temps d’introduction et de formation à la vie chrétienne – a lieu l’appel décisif par l’Eglise le premier dimanche du carême. Cette célébration est présidée par l’évêque. Les futurs baptisés, originaires de toutes les paroisses du diocèse, sont rassemblés à la cathédrale ou dans une autre église. Ils sont entourés de leurs parrains, marraines et catéchistes, qui témoignent du chemin de foi qu’ils ont parcouru.
Au cours de la célébration, l’évêque appelle les futurs baptisés par leur nom et les invite à s’avancer. Ils écrivent ensuite leur nom dans le registre des futurs baptisés, en signe de fidélité à l’appel reçu.
L’appel décisif rappelle ainsi, non seulement aux catéchumènes mais aussi à tous les baptisés, que la vie chrétienne est une réponse à l’appel de Dieu. Car, même si j’ai été baptisé petit enfant, l’appel de Jésus – « Viens, suis-Moi » – vaut aussi pour moi. Et comme pour l’aveugle le long du chemin dans l’Evangile (Mc 10), il y a aussi des sœurs et frères qui, à l’image des catéchistes, parrains et marraines, m’entourent et me disent : « Aie confiance, lève-toi, il t’appelle ! ». Ce début du carême nous rappelle que la vie chrétienne est, par essence, une réponse à un appel.
« Tu me scrutes et tu sais »
Le temps du carême est aussi un temps de purification intérieure pour les futurs baptisés. C’est une préparation du cœur, qui doit être illuminé. Cela fait partie de l’expérience humaine fondamentale selon laquelle le bien et le mal sont tous deux simultanément présents en nous. Mais le Seigneur connaît les cœurs : « Tu me scrutes et tu sais », dit le psaume 138.
La rencontre du Christ purifie les cœurs. Il invite à éviter le mal et à choisir le bien. C’est ce qu’expérimentent les catéchumènes pendant les trois célébrations du carême appelées « scrutins ». Le troisième dimanche du carême, ils découvrent, avec l’évangile de la Samaritaine, que Jésus est la source de la vie. Au cours du quatrième dimanche, avec l’évangile de l’aveugle-né, qu’Il est la lumière ; et le cinquième dimanche, avec la résurrection de Lazare, qu’Il est la résurrection et la vie. À chacun de ces scrutins, toute l’assemblée prie tout particulièrement pour les futurs baptisés, sur lesquels est également prononcée une prière de délivrance.
Ce chemin que les catéchumènes parcourent pendant le carême n’est-il pas aussi, pour nous, une belle préparation à Pâques ? Comme eux, nous sommes aussi appelés à nous laisser toucher par le Christ, Lui qui scrute et connaît nos cœurs, qui nous purifie et nous éclaire.
Avec eux, nous nous préparons ainsi à recevoir la joie pascale et à naître à nouveau à la vie du Ressuscité.
Je vous souhaite à toutes et tous un temps de carême inspirant et purifiant !
+ Luc Terlinden
Archevêque de Malines-Bruxelles
(titre et chapô de la rédaction)
