L’IA utilisée pour persécuter les chrétiens, l’Occident de plus en plus touchée par des actes antireligieux… : AED tire la sonnette d’alarme


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L’IA utilisée pour persécuter les chrétiens, l’Occident de plus en plus touchée par des actes antireligieux… : AED tire la sonnette d’alarme
Le constat de l’édition 2025 du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde est alarmant : plus de 5,4 milliards de personnes, soit près des deux tiers de l’humanité, vivent dans des pays qui ne respectent pas la liberté religieuse. © Aide à l'Eglise en Détresse
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
6 min

Dans son rapport dévoilé ce mardi 21 octobre, l’Aide à l’Église en détresse (AED) dévoile l’ampleur de la persécution religieuse dans le monde, toutes confessions confondues, pour la période 2023-2024. La liberté religieuse ne cesse de se détériorer aux quatre coins du monde, touchant aussi l’Europe et l’Amérique du Nord. Ce droit fondamental "n’est pas seulement menacé, il est en train de disparaître dans de nombreux pays" s'inquiète la fondation pontificale.

La fondation internationale Aide à l’Église en Détresse (AED) a présenté ce 21 octobre, son Rapport sur la Liberté religieuse dans le monde 2025. L’étude, qui couvre la période de janvier 2023 à décembre 2024, alerte sur une détérioration préoccupante : plus de 5,4 milliards de personnes, soit près des deux tiers de la population mondiale, vivent dans des pays où la liberté religieuse n’est pas pleinement garantie.

Cinq enseignements à retenir du rapport :

1) La liberté religieuse gravement bafouée dans 62 pays

Sur les 196 Etats passés au crible, le rapport dénonce des violations graves de la liberté religieuse dans 62 Etats.

Parmi ceux-ci, 24 sont classés dans la catégorie "persécution" (la pire). Des violations graves et systémiques, impliquant de la violence, des arrestations et de la répression, sont susceptibles d’affecter plus de 4,1 milliards de personnes dans ces pays, où l'on retrouve notamment la Chine, la Corée du Nord, l’Inde, le Nigeria et le Nicaragua. Pire encore : dans 75 % de ces pays (18 sur 24), la situation s’est détériorée.

38 autres Etats sont classés dans la catégorie "discrimination" (la deuxième catégorie par ordre de gravité). Dans ces pays, tels que l’Égypte, l’Éthiopie, la Turquie et le Vietnam, les groupes religieux sont confrontés à des restrictions en matière de culte, d’expression et d’égalité des droits. Seuls deux pays, le Kazakhstan et la Sri Lanka, ont montré des améliorations par rapport au rapport précédent.

Carte des pays présentant des violations significatives de la liberté religieuse.
Légende : 🔴 = persécution / 🟠 = discrimination. © AED

"Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion – protégé par l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme – n’est pas seulement menacé, il est en train de disparaître dans de nombreux pays", avertit Regina Lynch, présidente exécutive d’Aide à l’Église en Détresse au niveau international.

La liberté religieuse est le thermomètre des autres droits humains. Sa détérioration annonce un effondrement plus large des libertés fondamentales.

Regina Lynch, présidente exécutive d'AED international

2) L’autoritarisme, la plus grande menace mondiale

Le rapport identifie l’autoritarisme comme le principal moteur de la répression religieuse. Dans 19 des 24 pays classés dans la catégorie persécution et dans 33 des 38 pays qui se trouvent dans la catégorie discrimination, les gouvernements mettent en œuvre des stratégies systématiques pour contrôler ou réduire au silence la vie religieuse.

En Chine, en Iran, en Érythrée ou au Nicaragua, les autorités utilisent des technologies de surveillance massive, la censure digitale, des lois restrictives et procèdent à des détentions arbitraires pour supprimer les communautés religieuses indépendantes.

"Le contrôle de la foi est devenu un outil du pouvoir politique", indique le rapport, qui dénonce une "bureaucratisation de la répression religieuse" toujours plus sophistiquée.

3) Guerre, migrations forcées et crime organisé

La détérioration de la liberté religieuse a également été aggravée par les conflits armés qui touchent des pays comme la Birmanie, l’Ukraine, la Russie, Israël et la Palestine.

Les conflits et la violence fondée sur la religion ont entraîné une crise de migration silencieuse. Au Nigeria, les attaques de groupes armés liés à des bergers Fulani radicalisés ont fait des milliers de morts et déplacé des communautés entières. Au Sahel – en particulier au Burkina Faso, au Niger et au Mali – des villages entiers ont été détruits par des milices islamistes. Au Soudan, la guerre civile a rayé de la carte des communautés chrétiennes centenaires.

De plus, le crime organisé est devenu un nouvel acteur de la persécution. Au Mexique et en Haïti, des groupes armés assassinent ou kidnappent des leaders religieux ou extorquent des paroisses pour imposer un contrôle territorial.

4) L’Occident, pas non plus à l'abri !

La détérioration de la liberté religieuse touche aussi l’Europe et l’Amérique du Nord. En 2023, la France a enregistré environ 1 000 attaques d’églises, la Grèce plus de 600 actes de vandalisme. Des pics similaires ont été observés en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis, incluant profanations de lieux de culte, agressions physiques contre le clergé et interruptions des cérémonies religieuses. Ces agressions reflètent, selon Aide à l’Église en Détresse, un climat d’hostilité idéologique envers la religion.

Le rapport fait également état d’une augmentation dramatique des actes antisémites et antimusulmans après les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza. En France, les actes antisémites ont augmenté de 1 000 %, tandis que les délits de haine contre les musulmans ont augmenté de 29 %. En Allemagne, 4 369 incidents liés au conflit ont été enregistrés en 2023, alors qu’ils étaient seulement 61 l’année précédente.

5) L’IA et les outils numériques sont utilisés comme des armes pour réprimer les groupes religieux

Des intelligences artificielles aux réseaux de surveillance, les nouvelles technologies sont de plus en plus utilisées pour surveiller, profiler et pénaliser l’expression religieuse. Dans des pays comme la Chine, la Corée du Nord et le Pakistan, tant les gouvernements que les acteurs non étatiques déploient des outils numériques pour censurer, intimider et criminaliser les croyants, transformant la foi religieuse en une menace perçue pour la sécurité.

📊 Consultez ici le rapport 2025 dans son intégralité... ou bien découvrez-le en vidéo :

Lancement d'une pétition, à échelle mondiale, pour défendre la liberté religieuse

Pour la première fois de son histoire, Aide à l’Église en Détresse a lancé, lors de l’événement, une pétition mondiale pour demander aux gouvernements et aux organisations internationales la protection effective de l’article 18 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, qui garantit le droit de toute personne à la liberté de pensée, de conscience et de religion.

"Aujourd’hui, plus que jamais, la liberté religieuse doit être défendue et protégée dans le monde entier", a expliqué Regina Lynch en invitant tout un chacun à signer la pétition, et en rappelant le leitmotiv de l’initiative : "La liberté religieuse est un droit humain, et non un privilège".

Malgré ce tableau désolant, le rapport d’Aide à l’Église en Détresse souligne la force des communautés religieuses qui, même persécutées, continuent à apporter aide humanitaire, éducation et espérance. Au Mozambique et au Burkina Faso, des projets interreligieux ont montré que la foi peut être un levier de réconciliation et de cohésion sociale.

Léon XIV salue le travail mené par l'AED

Ce mardi 21 octobre, lors de la présentation du rapport 2025 sur la liberté religieuse de l’Aide à l’Église en détresse, le cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège a estimé qu' "il est inquiétant que l'édition du 25e anniversaire de ce rapport soit la plus volumineuse depuis sa création". Cela indique "que les violations de la liberté religieuse augmentent d'année en année" a-t-il constaté.

Le 10 octobre dernier, le pape Léon XIV avait reçu en audience privée une délégation de l'AED, saluant leur engagement indéfectible envers les chrétiens persécutés : "Votre mission proclame qu’en tant qu’une seule famille en Christ, nous n’abandonnons pas nos frères et sœurs persécutés. Nous nous souvenons d’eux, nous sommes à leurs côtés et nous nous efforçons de garantir leurs libertés données par Dieu."

C.L. (avec Vatican News et communiqué de presse de l'AED)


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