C’est ce mercredi qu'est diffusé pour la première fois en Belgique le film « Sacré Cœur » des réalisateurs Sabrina et Steven Gunnel. À cette occasion, nous avons posé quelques questions au diffuseur de ce film Hubert de Torcy.
Même s’il a cru dès le départ au projet, Hubert de Torcy (SAJE distribution) se dit surpris du succès désormais planétaire que le film rencontre. Il attend avec impatience les premiers échos des diffusions belges cette semaine. Entretien.
Julien Bal : « Sacré-Cœur » est sorti début octobre en France. Consacré à sainte Marguerite-Marie Alacoque et à la dévotion du Sacré-Cœur, il a suscité ces derniers jours un engouement populaire très particulier. Est-ce que le professionnel aguerri que vous êtes s’attendait à un tel phénomène ?
Hubert de Torcy (SAJE distribution) : Nous avons, en tant que distributeurs, été les premiers surpris par la réception de ce film en France. Bien sûr que dès le départ je trouvais le projet magnifique… mais je pensais aussi que nous toucherions un public confidentiel. En clair, j’imaginais plutôt 20 000 entrées à tout casser. Pas les 200 000 entrées que nous nous apprêtons à dépasser. La réception du film est improbable, les professionnels eux-mêmes n’en reviennent pas. Ce phénomène (et la compréhension de ce phénomène) dépasse nos compétences de distributeurs.
J. B. : Ce film sort en Belgique cette semaine, est-il également distribué ailleurs ?
H. de T. : Ce film est distribué dans tous les départements français d’Outre-Mer. Mais également à l’Île Maurice, à Monaco, en Suisse et depuis peu on nous le réclame partout dans le monde, en Asie, sur le continent américain. Il sortira en Afrique francophone à la Toussaint puis dans plusieurs pays du Maghreb. Les demandes sont quotidiennes, mondiales désormais, et c’est dans cet élan que s’inscrit la sortie en Belgique.
J. B. : Vous dites que le succès de « Sacré Cœur » vous a surpris au départ. Mais à présent, avec le recul et les témoignages que vous avez pu recueillir, est-ce que vous comprenez mieux les ressorts de l’engouement qu’il suscite ?
H. de T. : Pourquoi un tel succès ? C’est difficile à dire encore aujourd’hui. Je crois que la première raison c’est l’émotion. Ce film vient toucher une fibre très précise, il y a une attente du Christ que personne n’envisageait à ce point. Ce film touche à une fibre émotionnelle, et on le voit en salle, cette émotion touche toutes les origines, tous les milieux sociaux. La deuxième raison je pense, c’est que c’est un film qui ne donne pas de leçon, il répond juste à une soif d’amour.
Propos recueillis par Julien PAUL
