Retrouvez le commentaire de l’évangile du 22e dimanche du Temps Ordinaire C par l’abbé Pierre Hannosset : « Asseyez-vous ici, monsieur le Chanoine »


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Retrouvez le commentaire de l’évangile du 22e dimanche du Temps Ordinaire C par l’abbé Pierre Hannosset : « Asseyez-vous ici, monsieur le Chanoine »
Par Abbé Pierre Hannosset
Publié le - Modifié le
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Je reviens d’un repas de mariage… par ailleurs excellent… On m’avait donné une place d’honneur: un chanoine, ce n’est quand même pas rien… J’ai eu la joie de passer tout le repas à côté de la maman de la mariée. Je rentre et j’ouvre mon missel pour voir les lectures de ce dimanche. Patatras! "J’ai tout faux", comme disent les jeunes. L’évêque serait arrivé à l’improviste et voilà que j’aurais été relégué à la table des enfants avec un pain-saucisse pour tout menu. Mais est-ce vraiment de cela dont il s’agit? Non, vous l’avez compris!

L’humilité, vous le savez bien vient d’un mot latin qui signifie "la terre". Je suis un être "terreux", comme l’était Adam. Si je joue à être un "céleste", à me glorifier moi-même, je risque bien de tomber et de tomber de très haut, si je m’élève très haut - ce qui est souvent le cas -. C’est ce qu’ont voulu faire le couple de la Genèse et l’on a vu les conséquences; c’est ce qu’ont voulu faire les constructeurs de la tour de Babel et le résultat a été tout aussi dramatique. Non, être un terreux, c’est reconnaître que toi, Seigneur, et toi seul, tu peux me rendre céleste. Par ton Esprit, par l’incarnation de ton Fils, tu me dis que je ne suis pas très glorieux sans doute, mais que ta gloire habite en moi et me rend vraiment glorieux, vraiment "habitant du ciel". Chaque fois que je participe à l’eucharistie dont cette parabole est un avant-goût, le Seigneur me rappelle qu’il me donne son Corps pour que je devienne ce que je reçois: son propre Corps. Alors là, quelle gloire! Mais comment voulez-vous qu’il me donne sa gloire, si j’ai déjà placé la mienne très très haut? L’humilité n’a donc rien à voir avec le misérabilisme; encore moins avec la fausse humilité qui n’est que de l’orgueil en latence.

Et le Seigneur de nous dire qui il invite à l’eucharistie, qui il veut faire entrer dans son Royaume: les petits, les pauvres et les estropiés. Et moi, le chanoine? Si je ne me reconnais pas estropié, je serai scandalisé de ne pas être invité; mais si j’ai un regard lucide sur moi-même, je serai dans la joie d’être invité sans aucun mérite, juste, comme le dira une autre parabole, en portant le vêtement des noces, cette ouverture à recevoir la joie de l’Evangile. Nous n’avons aucun mérite, mais, Dieu merci - au sens fort du terme - le Seigneur n’a pas voulu faire de l’Eglise une douane, mais un hôpital de campagne. François nous l’a rappelé durant tout son pontificat.

Sans tomber dans un moralisme qui est toujours desséchant, nos paroisses, nos communautés, nos groupements, sont-ils vraiment hôpitaux de campagne? Jésus nous a montré le chemin encore plus exigeant: des pauvres qui se mettent à genoux devant d’autres pauvres: "Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous." (Jean 13, 14-15)

Abbé Pierre HANNOSSET

Catégorie : Sens et foi

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