Messe d’envoi du Jubilé des jeunes : le pape Léon les invite à regarder « vers les réalités d’en haut »


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Messe d’envoi du Jubilé des jeunes : le pape Léon les invite à regarder « vers les réalités d’en haut »
Avant la messe à Tor Vergata, Rome, ce dimanche 3 août 2025 (c) Catican Media
Par Vatican News
Publié le
5 min

Ce dimanche 3 août, Léon XIV a présidé la messe de clôture du Jubilé des jeunes, en présence d'un million de participants réunis sur la pleine de Tor Vergata, dans la périphérie de Rome. Dans son homélie, le pape a proposé aux jeunes d’aspirer à de grandes choses et à la sainteté, «sans jamais se contenter de moins».

Après la veillée de prière du samedi soir, qui fut le point d'orgue de ce Jubilé, le pape Léon a retrouvé le million de jeunes rassemblé sur la prairie de Tor Vergata, pour la messe d'envoi. Après une trentaine de minutes de traversée en papamobile entre les travées de jeunes, plus éveillés que jamais, c’est en présence d’une vingtaine de cardinaux, 450 évêques et 7.000 prêtres, que Léon XIV a présidé la messe sur l’estrade en bois, assemblée de la même manière qu’il y a 25 ans pour les JMJ du Jubilé de l’An 2000, autour de saint Jean-Paul II. 

"La fragilité fait partie de la merveille que nous sommes"

À la lumière des lectures du dimanche, le Pape a médité dans son homélie sur la façon dont la rencontre avec le Ressuscité change l’existence, à partir de l’expérience de la finitude de la vie humaine, mise en lumière par le livre du Qoheleth : "Vanité des vanités, tout est vanité! (…) Que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil?." Quant au psaume responsorial, qui lui fait écho, il propose l’image d’une « herbe changeante : elle fleurit le matin, elle change ; le soir, elle est fanée, desséchée » (Ps 90, 5-6).

Pour le pape Léon, ces "deux rappels forts, peut-être un peu choquants", "ne doivent pas nous effrayer, comme s’il s’agissait de sujets 'tabous' à éviter. La fragilité dont ils nous parlent fait en effet partie de la merveille que nous sommes". Tout comme la vie champêtre, nous sommes, nous aussi, appelés à nous renouveler constamment. Nous ne sommes pas faits "pour une vie où tout est acquis et immobile, mais pour une existence qui se régénère constamment dans le don, dans l’amour", a indiqué le Saint-Père aux jeunes. "Et ainsi, nous aspirons continuellement à un 'plus' qu’aucune réalité créée ne peut nous donner ; nous ressentons une soif si grande et si brûlante qu’aucune boisson de ce monde ne peut l’étancher.

Ecouter la soif qui habite notre coeur

Face à cette soif, ne trompons pas notre cœur en essayant de l’apaiser avec des substituts inefficaces !", a continué Léon XIV "Écoutons-la plutôt ! Faisons-en un tabouret sur lequel nous pouvons monter pour nous pencher, comme des enfants, sur la pointe des pieds, à la fenêtre de la rencontre avec Dieu. Nous nous trouverons face à Lui, qui nous attend, qui frappe même gentiment à la vitre de notre âme (cf. Ap 3, 20). Et il est beau, même à vingt ans, de Lui ouvrir grandement notre cœur, de le laisser y entrer, pour ensuite nous aventurer avec Lui vers les espaces éternels de l’infini."

L'évêque de Rome a ensuite évoqué son maître spirituel, saint Augustin, et sa recherche intense de Dieu : «Quel est donc l’objet de notre espérance […] ? Est-ce la terre? Non. Est-ce quelque chose qui vient de la terre, comme l’or, l’argent, l’arbre, la moisson, l’eau […]? Ces choses plaisent, elles sont belles, elles sont bonnes» (Sermon 313/F, 3). Et le Père de l'Eglise concluait: «Cherche celui qui les a faites, c’est Lui ton espérance» (ibid.).

Qu'est-ce que vraiment le bonheur ?

Des paroles qui, comme l'a rappelé Léon, évoquent les conseils du pape François lancés aux JMJ 2023; à Lisbonne de : "Chacun est appelé à se confronter à de grandes questions qui n’ont pas […] une réponse simpliste ou immédiate, mais qui invitent à accomplir un voyage, à se dépasser, à aller plus loin […], à un décollage sans lequel il n’y a pas de vol. Ne nous alarmons pas alors si nous nous trouvons assoiffés de l’intérieur, inquiets, inachevés, avides de sens et d’avenir […]. Ne soyons pas malades, soyons vivants!»

Et Léon XIV d’adopter un ton philosophique: "Qu’est-ce vraiment que le bonheur? Quel est le véritable goût de la vie? Qu’est-ce qui nous libère des marécages de l’absurdité, de l’ennui, de la médiocrité?»" La réponse réside dans l’expérience jubilaire, par la rencontre, la prière, l’amitié de ces journées romaines écoulées: «La plénitude de notre existence ne dépend pas de ce que nous accumulons ni, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, de ce que nous possédons. Elle est plutôt liée à ce que nous savons accueillir et partager avec joie».

Consommer ne suffit pas

«Acheter, accumuler, consommer ne suffit pas. Nous avons besoin de lever les yeux, de regarder vers le haut, vers «les réalités d’en haut», a lancé l’évêque de Rome, contemplant l’océan multicolore de jeunes aux pieds des collines romaines. «Très chers jeunes, notre espérance, c’est Jésus», a affirmé le Pape, s’arrêtant en silence. Un silence au gout d’éternité dans lequel s’est engouffré le souvenir d’il y a vingt-cinq ans lorsque le Pape polonais de 80 ans faisait face à deux millions de jeunes sur cette même plaine historique. Un souvenir convoqué par Léon XIV. "C’est le Christ qui suscite en vous le désir de faire de votre vie quelque chose de grand, […] pour vous rendre meilleurs, pour améliorer la société, en la rendant plus humaine et plus fraternelle", affirmait Jean-Paul II, le 19 août 2000.

"Ne vous contentez pas de moins

Un quart de siècle plus tard, le Souverain pontife des deux Amériques a demandé à la nouvelle génération du IIIe millénaire de rester unie au Christ: «Restons dans son amitié, toujours, en la cultivant par la prière, l’adoration, la communion eucharistique, la confession fréquente, la charité généreuse, comme nous l’ont enseigné les bienheureux Piergiorgio Frassati et Carlo Acutis, qui seront bientôt proclamés saints. Aspirez à de grandes choses, à la sainteté, où que vous soyez. Ne vous contentez pas de moins. Vous verrez alors grandir chaque jour, en vous et autour de vous, la lumière de l’Évangile», a-t-il conclu, entrainant quelques applaudissements suivis d’un nouveau silence figeant la plaine dans la prière.

D'après Vatican News

🎧 Ecoutez ici le Journal du Jubilé :


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