Le Credo de Nicée a 1700 ans : faut-il en dépoussiérer le langage ?


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Le Credo de Nicée a 1700 ans : faut-il en dépoussiérer le langage ?
Par Armelle Delmelle
Publié le - Modifié le
2 min

Depuis 1700 ans, le Credo de Nicée-Constantinople accompagne les chrétiens du monde entier. Mais les mots d’hier parlent-ils encore aux croyants d’aujourd’hui ? Alors que l’Église célèbre cet anniversaire, certains appellent à actualiser le langage du Credo, sans en trahir le fond. D’autres rappellent au contraire sa force intemporelle.

« Le Credo, c’est une boussole »

Selon Luc Tielmans, diacre permanent responsable du service de la catéchèse en Brabant wallon, le Credo reste important. « Je trouve que c'est important quand même d'aujourd'hui de pouvoir clarifier, repréciser les choses. Et même 1700 ans plus tard, de pouvoir dire "Mais finalement, je crois en qui ? Je crois en quoi ?" »

Serge Maucq, prêtre diocésain dominicain, quant à lui, oppose deux points de vue sur ce symbole : celui des détracteurs et celui de la tradition.

D’un côté, il y a ceux qui disent que « s'il devait être reformulé dans notre culture actuelle, probablement que les outils, que les mots qui seraient utilisés ne seraient plus les mêmes », explique-t-il. Il dresse d’ailleurs le constat que certaines « communautés chrétiennes ont travaillé un Credo particulier qui leur correspond, disent et récitent d'autres Credos » que celui de Nicée.

Du côté de la tradition, on se raccrocherait « aisément à des sonorisations, à des formulations qui réunissent », poursuit-il. « Le Credo, c'est aussi un phare dans toutes les obscurités, un point de référence, une sorte de boussole. Et donc, il faut surtout bien expliquer le Credo et savoir ce qu'il y a là-derrière. »

« Il faut pouvoir l’actualiser »

L’avantage du Credo, nous l’avons vu, c’est qu’il permet aux chrétiens d’affirmer tous ensemble, avec les mêmes mots, ce en quoi ils croient. Cependant, il ne faudrait pas qu’au bout de 17 siècles, les mots utilisés perdent leur sens. « Dans la dernière réforme de texte liturgique, on a remis ce mot consubstantiel », nous rappelle Luc Tielmans. « Je suis sûr que sept ou huit chrétiens sur dix ne savent plus ce que cela veut dire. »

Pour lui, si avoir un socle commun et solide reste fondamental, « nous devons pouvoir aussi exprimer notre foi dans la réalité du monde d'aujourd'hui. Parlons aujourd'hui dans un langage aussi d'aujourd'hui. »

Cependant, nous signale Serge Maucq, les changements apportés, quels qu’ils soient, doivent être expliqués. « Cela ne doit pas rester une discussion de spécialistes, ça doit pouvoir être aussi quelque chose qu'on doit pouvoir vulgariser. »


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