Qui est Mgr Luc Van Looy, cet évêque belge proche du pape François?


Partager
Qui est Mgr Luc Van Looy, cet évêque belge proche du pape François?
Mgr Luc Van Looy
Par Vincent Delcorps
Publié le
3 min

Né à Tielen, en province d’Anvers, en 1941, Luc tombe dans la foi comme Obélix dans la marmite de Panoramix! Enfant, c’est tous les jours qu’il va à la messe, comme le reste de sa famille ("sauf ma maman qui préparait le repas").

Chez les Van Looy, on prie le chapelet et la litanie chaque soir. "Ce temps de prière était un moment plus important encore que le souper lui-même", se souvient l’évêque émérite. Il faut dire qu’à l’époque, surtout en Flandre, l’Eglise et la société font corps. "Nous étions du village mais nous étions, en même temps, de l’Eglise", reprend-il. "La vie de village était tout à fait centrée autour de l’église." Ce qui ne veut toutefois pas dire que tout le monde s’y rendait fréquemment… "Il y a quelques personnes qui n’allaient pas à la messe. On les connaissait. On disait que c’étaient des socialistes…"

Si la vie est pieuse, elle est aussi joyeuse. Après la messe, les adultes se retrouvent au café, tandis que les enfants vont taper la balle. Chez les Van Looy, le foot est une (autre) véritable passion. "Jouer au foot et aller à la messe: il n’y avait rien d’autre", résume Luc Van Looy.

De la Flandre à la Corée

Reste que la foi relève sans doute davantage d’une évidence sociale que d’une affaire personnelle. "A l’époque, le rapport personnel avec Jésus était peut-être moins important. L’Eglise était le mouvement social, la communauté… Tout le monde était dedans, c’était normal. On ne se posait pas trop de questions."

Après avoir commencé ses secondaires chez les jésuites, Luc bifurque chez les salésiens. Il va vivre là quatre années qui vont le marquer. "C’était un petit collège, nous étions un peu plus de 200. Tout le monde se connaissait. On avait la messe tous les jours – et deux messes le dimanche. Mais on s’amusait énormément!" Au sortir du collège, c’est à peine si Luc se pose la question: il a tellement apprécié le contact avec les salésiens que c’est tout naturellement qu’il décide de les rejoindre. "C’était une évidence, un désir fondamental."

Après le noviciat, Luc Van Looy est envoyé en mission. Destination: la Corée du Sud. "J’avais le désir de découvrir des réalités différentes. C’est d’ailleurs là quelque chose qui est toujours resté chez moi." L’homme est surtout là pour écouter, découvrir. C’est tout naturellement qu’il se met à l’apprentissage du coréen. "Une langue très difficile! J’ai eu besoin de cinq ans pour l’apprendre, et ce n’est qu’au bout de quinze ans que je la connaissais."

De la solitude à la multitude

En 1984, c’est avec beaucoup de tristesse qu’il quitte la Corée, appelé à rejoindre le conseil général des Salésiens, à Rome. Une mission qui impliquera de très nombreux voyages de par le monde. "Je passais six mois par an en voyage, et les six autres mois, pour préparer mes nouveaux voyages… Je m’en rends compte aujourd’hui: j’étais souvent seul."

En 2003, il est nommé évêque de Gand. L’occasion de nouvelles découvertes! "Je crois que je ne connaissais pas une seule personne dans ce diocèse - à l’exception de l’évêque, Mgr Luysterman."
En homme de contact, Luc Van Looy parviendra rapidement à se faire apprécier. "Ce fut une période heureuse, je me trouvais toujours au milieu des gens. L’Eglise est avant toute chose communauté. Là est d’ailleurs tout l’enjeu du processus synodal actuel: il faut retrouver le chemin du peuple de Dieu - bien plus que celui du curé ou de la paroisse."

Vincent DELCORPS


Dans la même catégorie