Ouverture du synode: le pape souhaite une Eglise « qui bénit et qui accueille »


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Ouverture du synode: le pape souhaite une Eglise « qui bénit et qui accueille »
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
5 min

Ce mercredi 4 octobre, à 9h, l'Assemblée générale du synode sur la synodalité a été inaugurée à Rome. Lors de la messe d'ouverture, le pape François a rappelé l'objectif de cette rencontre d'ores et déjà historique : marcher ensemble vers une Eglise "qui bénit et qui accueille". Concélébrée Place Saint-Pierre, l’eucharistie a rassemblé 25.000 fidèles, dont les 464 participants au synode.

Le pape François au cours de la messe d'ouverture de l'Assemblée générale du synode, le 4 octobre 2023. Capture youtube Vatican News

Réunis à Rome du 4 au 29 octobre en Assemblée générale du synode, 464 évêques, prêtres, religieux, laïcs, experts... vont se pencher sur l'avenir de l'Eglise. Au programme de cette rencontre aux enjeux historiques : prière, travaux en groupe et réunions plénières. L'objectif: penser une Eglise synodale, fondée sur la communion de tous les baptisés, en vue de la mission commune d'annonce de l'Evangile.

Partir du regard de Jésus

En ce début d'Assemblée synodale, l’Eglise n’a pas besoin d’un regard immanent, "fait de stratégies humaines, de calculs politiques ou de batailles idéologiques". C'est ce qu'a déclaré le pape dans son homélie, au cours de la messe d'ouverture de l'Assemblée synodale. Les participants n’y sont pas réunis pour élaborer un plan de réforme, mais pour «marcher ensemble sous le regard de Jésus, qui bénit le Père et accueille tous ceux qui sont fatigués et opprimés».

C’est ce regard du Christ que le Souverain pontife a invité à prendre comme point de départ. Dans des moments de désolation pastorale, Jésus ne s’est pas laissé abattre par la tristesse. Il a levé les yeux vers le ciel et il a béni le Père. «Au moment de la désolation, Jésus a donc un regard capable de voir au-delà: il loue la sagesse du Père et il est capable de discerner le bien caché qui grandit, la semence de la Parole accueillie par les simples, la lumière du Royaume de Dieu qui se fraye un chemin même dans la nuit».

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Etre une Eglise joyeuse

Malgré le rejet et l’adversité rencontrés dans sa mission, Jésus ne s'est pas laissé emprisonner dans la déception et l’amertume. Même dans la tempête, il reste serein, enraciné dans le sein du Père. Le pape a invité les chrétiens à suivre l'exemple du Christ, à être une Eglise joyeuse, qui contemple l’action de Dieu et discerne le temps présent. Une Eglise qui, "au milieu des vagues parfois agitées de notre temps, ne se décourage pas, ne cherche pas d'échappatoires idéologiques, ne se barricade pas derrière des convictions acquises, ne cède pas aux solutions faciles, ne se laisse pas dicter son agenda par le monde".

Recentrer notre regard sur Dieu

François a aussi appelé l'Eglise à être unie et fraternelle, à être une Eglise qui écoute et dialogue; qui bénit et encourage, qui accompagne ceux qui cherchent le Seigneur et secoue avec bienveillance les indifférents; qui initie les personnes à la beauté de la foi. Centrée sur Dieu, une telle Eglise ne peut se diviser de l’intérieur, ni être dure à l’extérieur. Le regard de Jésus qui bénit nous invite aussi à être une Eglise qui affronte les défis et les problèmes d'aujourd'hui. En tournant les yeux vers Dieu qui est communion, plutôt que dans un esprit de division et de conflit. La question fondamentale est celle de savoir comment nous pouvons porter l’Evangile à l’homme d’aujourd’hui. La tâche première du synode, a poursuivi François, est de «recentrer notre regard sur Dieu, pour être une Église qui regarde l'humanité avec miséricorde».

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Devenir une «une Eglise hospitalière»

Parlant du regard du Christ qui accueille, François a encore souligné que, tout au long de sa vie, Jésus a adopté «ce regard hospitalier envers les plus faibles, les souffrants, les laissés-pour-compte». Ce regard accueillant, a indiqué le pape, nous invite à être «une Église hospitalière», afin d’apporter une attitude intérieure cordiale et douce. C'est ce que requiert notre époque avec ses nombreux défis culturels et pastoraux. Ainsi, dans le dialogue synodal, «dans cette belle 'marche dans l'Esprit Saint' que nous entreprenons ensemble en tant que Peuple de Dieu, nous pouvons grandir dans l'unité et l'amitié avec le Seigneur pour regarder les défis d'aujourd'hui avec son regard; pour devenir, une Église qui 'se fait conversation'", selon une expression de saint Paul VI.

Sur les traces de saint François d’Assise

Face aux défis qui nous attendent, ce regard qui bénit et accueille nous empêche de tomber dans certaines tentations dangereuses. Celles d’«être une Église rigide, qui s'arme contre le monde et regarde en arrière;… une Église tiède, qui se soumet aux modes du monde;… une Église fatiguée, repliée sur elle-même», a déclaré le pape.

L'évêque de Rome a invité à marcher ensemble, humbles, ardents et joyeux. Sur les traces de saint François d'Assise, le saint de la pauvreté et de la paix, le “fou de Dieu”, fêté ce 4 octobre. A ce saint italien fut confiée la mission de «réparer» l’Eglise. "Aujourd’hui encore, notre Mère l'Eglise a besoin d'être purifiée, d'être «réparée». «Parce que tous nous sommes un Peuple de pécheurs pardonnés", appelé à revenir à la source qu’est Jésus et à se remettre sur les chemins de l'Esprit. C’est avec les armes de l’Evangile que sont l’humilité et l’unité, la prière et la charité, que le «Poverello» a résisté, dans une époque marquée par de grandes luttes et de divisions entre les pouvoirs temporel et religieux, entre l'Eglise institutionnelle et les courants hérétiques, entre les chrétiens et les autres croyants. Une époque qui ressemble à la nôtre par de nombreux aspects...

L’Esprit Saint qui crée du nouveau

En concluant son homélie - un véritable programme spirituel - le pape s’est voulu rassurant face aux attentes, aux espoirs et aux craintes que nourrissent certains, pasteurs et fidèles, à l’endroit du synode sur la synodalité. Le Saint Père a rappelé qu’il ne s’agit pas «d'un rassemblement politique, mais d'une convocation dans l'Esprit. Non pas d'un parlement polarisé, mais d'un lieu de grâce et de communion». François a invité à s’ouvrir à l’Esprit Saint, le protagoniste qui «brise souvent nos attentes pour créer quelque chose de nouveau qui dépasse nos prédictions et notre négativité».

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Source : Vatican News

Catégorie : L'actu

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