Le Conseil national de transition (CNT) en Libye a remis ce 8 août ses pouvoirs à l'Assemblée du Congrès général national issu des élections. Une cérémonie historique dans la mesure où il s’agit de la première transition pacifique du pouvoir, après plus de quarante ans de dictature de Mouammar Kadhafi.
« Je remets nos prérogatives constitutionnelles au Congrès général national qui est désormais le représentant légitime du peuple libyen », a déclaré le président du CNT, Moustapha Abdeljalil. Il a ensuite remis symboliquement le pouvoir au doyen des 200 membres du Congrès général national (CGN), élus le 7 juillet lors du premier scrutin libre en Libye. Peu avant, les 200 membres ont prêté serment devant le président de la Cour suprême libyenne.
A l'issue de la cérémonie, qui n'a duré qu'une quarantaine de minutes, les membres du Congrès ont été appelés à rester dans la salle pour leur première réunion officielle. Ils auraient dû élire un président et deux vice-présidents de l'Assemblée, mais cette élection a été reportée de 24 heures jusqu'à l'adoption d'un règlement régissant ces élections.
Le CNT n'existe donc plus. Il était l'organe politique de la rébellion qui a fait tomber le régime du président Kadhafi et a ensuite pris officiellement la tête du pays avec la chute du « Guide » libyen, tué en octobre dernier après plus de quarante ans au pouvoir.
Dans son discours, Moustapha Abdeljalil, président du CNT, a reconnu des « erreurs » durant une période de transition « exceptionnelle » et un « retard dans le traitement de certains dossiers », notamment ceux de la sécurité, du désarmement. Selon lui, le CNT a échoué aussi à trouver une solution au dossier des déplacés du conflit libyen à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
Le CGN est désormais chargé de choisir un nouveau gouvernement pour prendre le relais du CNT. Ce dernier devrait être dissout lors de la première session du Congrès. Le CGN devra conduire le pays à de nouvelles élections sur la base d'une nouvelle Constitution.
Rappelons que l'Alliance des forces nationales (AFN), une coalition libérale de quelques dizaines de petits partis, menée par des architectes de la révolte de 2011 contre le colonel Kadhafi, détient 39 sièges sur les 80 réservés à des partis politiques. Le Parti de la justice et de la construction (PJC), issu des Frères musulmans, est la deuxième formation politique du Congrès avec 17 sièges. Les 120 sièges restants ont été attribués à des candidats indépendants aux allégeances et convictions encore floues mais qui sont très courtisés par les partis.
Avec Afp et le Nouvel Observateur
