"Waouwww", nous dit l'abbé Pierre Hannosset pour l'évangile de ce dimanche de la fête de Noël. Et il nous partage donc son commentaire pour celui-ci.
Contrairement à ce que Daudet aurait pu nous faire croire avec ses trois messes basses, il y a quatre messes à Noël! Chacune a sa couleur. Saint Jean, durant la dernière messe de Noël - celle du jour - nous conduit dans une théologie très élaborée du mystère de Noël.
"Au commencement était le Verbe". Si Jean commence ainsi son évangile, c’est parce qu’il se souvient très bien du début de la Bible: "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre." Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est donc un nouveau commencement, une nouvelle création du monde. La Genèse nous disait que le monde était beau, que l’homme et la femme étaient très beaux. Aujourd’hui, c’est la splendeur absolue que nous contemplons. Le Verbe de Dieu, diraient les enfants est très très très beau. Isaïe nous le disait déjà dans la première lecture: "Comme il est beau de voir courir sur les montagnes, le messager de la Bonne Nouvelle qui annonce le salut."
Alors, avec tous les événements épouvantables que nous vivons ces derniers temps, essayons de découvrir pourquoi ce nouveau monde, inauguré par Jésus est tellement beau!
Tout d’abord, parce que désormais, nous pouvons voir Dieu face à face. La tradition juive disait qu’on ne pouvait pas voir Dieu sans mourir. Désormais, Dieu, la Parole de Dieu a un visage. Elle s’incarne dans un temps précis – il y a 2.000 ans – et dans un lieu précis – la Palestine -. Dieu ne fait pas semblant d’être humain, il l’est vraiment. Désormais, quoi que nous vivions, nous pouvons dire que Jésus lui-même, que Dieu l’a vécu. Il sait ce qu’il peut parfois en coûter que de vivre sur terre, il sait – pas dans la tête, mais dans son corps – ce qu’est le travail, la souffrance, l’amitié, l’amour, mais aussi l’abandon et les épreuves. Désormais, notre humanité est entrée non seulement dans le cœur de Dieu, mais dans son corps.
Deuxième aspect que nous trouvons dans la très théologique aussi lettre aux Hébreux, c’est que, dorénavant, nous sommes héritiers avec Jésus. C’est normal... Puisque ce sont les enfants qui héritent. Jésus, le Fils de Dieu était l’héritier. Mais, en devenant homme, il est devenu notre frère et nous sommes devenus d’une façon toute particulière, fils avec le Fils, co-héritiers avec lui. Et son héritage, nous le connaissons bien sans jamais le vivre pleinement, c’est son Amour. Parce que Jésus s’est fait chair, nous sommes aimés comme lui, le Père aime son Fils. Je suis aimé de la même manière que Dieu le Père aime Jésus son Fils, pas moins que cela... Tu as l’impression que je n’aime pas le monde dit Dieu, et je te comprends, vu le climat ambiant, mais je te redis aujourd’hui que je n’ai d’autre amour que toi!
Enfin le troisième aspect, et c’est le cœur de la célébration de la messe du jour: Le mystère de l’Incarnation nous apprend que si Dieu s’est fait homme, c’est pour que l’homme devienne Dieu. Cela aurait déjà été merveilleux que Dieu prenne un corps d’homme et vive notre humanité; cela aurait été encore plus merveilleux qu’il nous apprenne que nous sommes aimés de son Père comme lui, mais Jésus va encore plus loin. Je suis fait pour être Dieu. Non pas, ce Dieu qu’Adam a voulu être dans la Genèse: un Dieu à la place du Dieu créateur, mais bien un Dieu-avec-lui. La première oraison nous le dit: "Fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu’il a voulu prendre notre humanité."
Voilà l’incroyable auquel nous sommes appelés et dans lequel nous sommes déjà!
Abbé Pierre HANNOSSET
