Mille jeunes, un train, une destination, Auschwitz. Voilà le programme mis en place par l’Institut des Vétérans, la Fédération Internationale des Résistants et la Fondation Auschwitz, pour commémorer la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, le 8 mai 1945.
Il y a quatre ans, le "Train de la Liberté" emportait quelques centaines de jeunes Belges vers Buchenwald, pour le 63e anniversaire de la libération du camp et le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Cette année, un train spécialement affrété pour la circonstance, le "Train des 1000" va emporter mille d'entre eux sur l'itinéraire des déportés, afin de les sensibiliser à l’horreur des camps d’extermination. Bien mieux, finalement, qu'un cours supplémentaire d'histoire. Ce train partira de Bruxelles et s’arrêtera plusieurs fois en chemin pour faire monter d’autres élèves venant de toute l’Europe, avant d’arriver à Cracovie.
Un train de 16 wagons
Pourquoi mille? Parce que c’était le nombre de personnes envoyées, par les nazis, dans chaque convoi. Mais la comparaison s’arrête là. Du fait que les jeunes voyageurs vont y séjourner durant 23 heures, le "Train des 1000" atteint la longueur exceptionnelle de seize wagons, au lieu d’un maximum de quatorze pour le transport normal de passagers.
Tout y est prévu pour préparer les participants aux visites qui les attendent et à la cérémonie internationale du 8 mai à Birkenau (Auschwitz II). Leur trajet va débuter par un jeu de recherche, destiné à former des binômes entre jeunes qui ne se connaissent pas, pour élargir leur horizon personnel. À bord, l’ensemble du voyage sera animé par des étudiants en journalisme, via une radio installée dans un compartiment, qui émettra en néerlandais, en français et en anglais.
Les heureux participants de ce parcours sont des élèves du dernier degré de l’enseignement technique ou général, venant de Belgique (deux écoles par province) et de toute l’Europe (Luxembourg, France, Italie, Hongrie, Pays-Bas, Allemagne, Grèce, Portugal, Espagne, Pologne, Russie et Bulgarie).
Mieux qu'un cours d'histoire
Avant leur participation à la Commémoration, ils visiteront le musée d’Auschwitz et le camp d’extermination de Birkenau, pour prendre connaissance de visu du système génocidaire nazi. Ils y entendront le témoignage des derniers rescapés et de leurs libérateurs, des soldats de l’Armée rouge qui ont libéré le camp en 1945. Sur le même sujet, les organisateurs ont prévu une pièce de théâtre de mime et un concert de musique traditionnelle juive. Pour la célébration officielle du 8 mai au Monument d’Auschwitz-Birkenau, ils seront rejoints par le Premier ministre Elio Di Rupo et par Joëlle Milquet, ministre de l’Intérieur. Enfin le dernier jour permettra la découverte de la ville de Cracovie qu’il serait vraiment dommage de quitter sans connaître. Ce périple se terminera le soir du 10 mai, au retour du train sur le territoire belge.
On ne peut que saluer cette initiative et l’implication de tous ceux qui veulent faire passer aux jeunes générations le message d’alerte, contre la barbarie nazie, et d’espoir, par de telles rencontres sur notre continent demeuré en paix.
Le Train des 1000 démarrera de la gare de Schaerbeek, le samedi 5 mai, à 15h.
Sabine Pérouse
