Le pape se rendra en Irak début mars


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Le pape se rendra en Irak début mars
Le Pape lors de l'audience générale de ce mercredi 18 novembre 2020. (Vatican Media)
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Sa visite prévue du 5 au 8 mars s’inscrira sous le signe de la réconciliation des communautés religieuses dans un pays qui cherche à retrouver son unité nationale.

Signe de l’importance que le pape François attache aux chrétiens d’Orient, il a annoncé qu’il reprendrait ses voyages par un déplacement en Irak, du 5 au 8 mars. "Une pensée récurrente m'accompagne en pensant à l'Irak" avait-il déclaré, en juin 2019, souhaitant que le pays "puisse regarder vers l’avant à travers la participation pacifique et partagée à la construction du bien commun de toutes les composantes – y compris religieuses – de la société, et ne retombe pas dans les tensions venant des conflits jamais éteints des puissances régionales".

Quelques mois après cette déclaration papale, un soulèvement de la jeunesse irakienne débutait en octobre 2019: musulmans sunnites et chiites, chrétiens ou yézidis, les jeunes Irakiens rejetaient ensemble la dérive confessionnelle de leur pays et affirmaient leur volonté de retrouver un pays unifié, basé sur un Etat de droit. Ce vent nouveau a été interrompu par la crise sanitaire, mais a entraîné un changement de gouvernement. Lorsque le 25 janvier 2020, le Pape a reçu au Vatican, le président de la République d’Irak, Barham Saleh, l’invitation a été officiellement confirmée. La visite papale s’inscrira dans la volonté exprimée par la jeunesse irakienne de favoriser le processus de réconciliation de toutes les communautés religieuses, dans le respect de la souveraineté nationale. Et dans ce cadre, elle réaffirmera la présence historique des chrétiens, en soutenant leurs besoins de sécurité et du respect de leurs droits. Ces derniers ont en effet beaucoup souffert, notamment de l’occupation par le groupe terroriste Etat Islamique de larges portions du territoire irakien qu’ils ont dû fuir. Le pape se rendra ainsi durant sa visite à Qaraqosh, la première ville chrétienne d’Irak, qui a enduré l’occupation de l’Etat Islamique, cherchant par ce geste, à soutenir ceux qui reviennent s’installer. "Nous n’assistons pas à un retour des chrétiens exilés en Europe, mais les déplacés reviennent", relativise toutefois Mgr Louis Raphaël Sako, le patriarche chaldéen, "car la sécurité reste précaire et l’Etat de droit est encore à construire". La visite papale sera ponctuée de moments symboliques. Le pape se rendra ainsi, avec des représentants des religions musulmane, chrétienne mais également yézidie, sur le site d’Ur, lié à la mémoire d’Abraham, le père commun. Une place importante sera également faite au dialogue interreligieux, puisque le pape rencontrera des dignitaires chiites irakiens, dont l’ayatollah Sistani, la plus haute autorité de la communauté chiite d’Irak.

Un long chemin

Cette visite s’inscrira cependant dans un contexte encore troublé. La situation dans le pays reste en effet difficile et l’année 2020 n’aura pas été clémente. Selon Antoine Fleyfel, le directeur de l’Institut chrétien d’Orient, il y a au moins… six nouvelles plaies: l’effondrement du prix du pétrole, une canicule importante durant l’été 2020, la crise sanitaire liée au coronavirus, les conséquences de la révolte des jeunes en termes de bilan humain -700 morts et 30.000 blessés-; la persistance d’un Etat corrompu malgré le changement de gouvernement et enfin, les tensions géopolitiques entre l’Iran et les Etats-Unis dans lesquels l’Irak est un terrain privilégié. "Seul le Kurdistan irakien constitue un havre de paix et un lieu de refuge pour les chrétiens", nuance-t-il dans ce tableau noir. Si les chrétiens étaient encore 1,5 million dans les années 2000, ils sont estimés entre 300.000 et 500.000 en 2020. Cette année aura également été marquée par une année de dons exceptionnels, souligne plus positivement le directeur de l’Oeuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch. "Nous réamorçons l’envoi de volontaires en Irak, notamment à Erbil", a-t-il annoncé, tandis que les projets de reconstruction des églises, d’hôpitaux, de maisons sont engagés sur place. La France a également mis en place une structure juridique et des fonds, permettant de soutenir les écoles chrétiennes et francophones du Moyen-Orient. Ces écoles, autant fréquentées par des musulmans que par des chrétiens, sont en effet essentielles pour continuer à endiguer les dérives confessionnelles.

Enfin le pape s’adressera en Irak à l’église universelle. "Il ne s’agit pas de voir la venue du pape comme l’Eglise latine de Rome qui vient parler aux Eglises d’Orient", expliquait encore Mgr Gollnisch, directeur de l’Oeuvre d’Orient. Les chrétiens d’Irak ont une histoire de fidélité à la terre et à la foi qui peuvent enrichir spirituellement l’Eglise toute entière. Pour Mgr Sako, la visite papale est "une occasion de trouver un plan d'action pour que l'Eglise revienne à la radicalité spirituelle évangélique, à l'exemple de nos Pères, des saints et des martyrs".

Laurence D'HONDT

Catégorie : Eglise monde

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