Du 13 au 20 septembre 2020, aura lieu le 52e congrès eucharistique international à Budapest. Pour renouer avec cet événement et susciter, dans notre pays, un printemps eucharistique, la conférence épiscopale de Belgique espère pouvoir compter sur une belle représentation de nos compatriotes sur place. Le père Kornel Fabry, secrétaire-général du congrès, était en Belgique ce weekend afin de présenter le programme de ces futures Journées Mondiales de l'Eucharistie.
Trois séances de présentation du futur congrès étaient donc programmées ce weekend, à Liège, Hasselt et Bruxelles. Le père Kornel Fabry, soutenu par le chanoine de Beukelaer, Mgr Aloïs Jousten et Jacques Galloy, a présenté le programme de ce 52e congrès. Mais avant cela, l'équipe belge souhaitait revenir sur les racines belges de ces rencontres eucharistiques.
"Dieu fait rarement du bruit"
Eric de Beukelaer était chargé de revenir, en quelques mots, sur les origines de ces congrès eucharistiques. Mais avant cela, il nous livre une petite réflexion sur l'absence médiatique d'un tel événement qui a tout de même rassemblé 2 millions de personnes à Cebu, aux Philippines, lors de la dernière édition de 2016. "L'eucharistie rassemble tandis que les médias s'intéressent plutôt à ce qui divise." analyse l'abbé liégeois. "C'est le monde dans lequel on vit. Il faut le savoir. Le bien ne fait pas de bruit. Dieu fait rarement du bruit." Et de rappeler la façon dont le Seigneur s'est manifesté au prophète Elie, dans le "souffle d'une brise légère". Et d'insister: "L'eucharistie, et nous en vivons tous, elle, fait rarement du bruit."
Des racines belges
Avec les congrès eucharistiques, les choses ont aussi tout d'abord commencé petitement avec des "loosers", ose l'abbé de Beukealer, en tout cas des personnes mal dans leur siècle, nuance-t-il. Emilie Tamisier, une jeune Française à la vocation contrariée, est portée par cet amour de l'eucharistie. Elle a pour accompagnateur le (aujourd'hui bienheureux) père Antoine Chevrier, fondateur des prêtres du Prado, qui vivait dans une pauvreté radicale, un dénuement absolu, "un homme qui s'est "épuisé" à l'eucharistie", souligne l'abbé de Beukelaer. Et ensemble, Melle Tamisier et le père Chevrier vont mettre sur pied ces rencontres eucharistiques, la première ayant eu lieu à Lille en 1881, à une époque où le constat est quelque peu semblable à celui d'aujourd'hui; l'homme (s')investit plus dans le matériel que dans le spirituel. Un monde, en cette fin de 19e siècle, avec aussi des inégalités croissantes, fruit d'une industrialisation galopante, et des gens qui s'éloignent de plus en plus de l'Eglise. Le rêve du père Chevrier est donc d'amener l'eucharistie au cœur de ce monde.
Ce projet parvient aux oreilles de l'évêque de Liège, Mgr Doutreloux, très conscient lui aussi des enjeux sociaux de l'époque (il fut l'un des précurseurs de la doctrine sociale de l'église et du mouvement ouvrier chrétien). Il acceptera d'ailleurs d'être le premier président des congrès eucharistiques. Il va donc soutenir le projet et certaines rencontres seront organisée à Liège (1883) et Anvers (1890). Là, le 7e congrès rassemblera déjà 150 000 personnes. Bruxelles, Namur et Tournai accueilleront également un congrès eucharistique au tout début du 20e siècle. L'idée est donc de "convertir le monde matérialiste à l'eucharistie pour qu'il vive le plan de Dieu" formule l'abbé liégeois. Par la suite, les congrès prendront leur envol international.
Vivre l'eucharistie au cœur de l'Europe

(c) CathoBel
L'abbé Kornel Fabry (cfr photo) prend ensuite la parole pour détailler le programme de cette 52e édition qui se tiendra à Budapest. Aujourd'hui, les congrès eucharistiques ont lieu tous les quatre ans, précise le père Kornel. Pour les dates, c'est facile à retenir, explique l'invité hongrois, "c'est toujours quand il y a les jeux olympiques et le championnat de foot (NDLR: coupe du monde)". Si le père Kornel n'a pas manqué d'humour dans sa présentation, il a aussi abordé de manière plus grave les réalités vécues en Hongrie." La Hongrie, c'est une terre missionnaire." s'exclame celui qui a reçu sa vocation lors des JMJ de 1995 aux Philippines. En effet, seuls 7% des Hongrois (catholiques et protestants) se rendent chaque dimanche à la messe. On estime que 65 % des Hongrois sont catholiques, 25 % protestants, 1% Juifs, avec une très faible présence orthodoxe.
Manifestement très à l'aise, le père Kornel débute son exposé : "Généralement, quand je dis congrès eucharistique, il y a deux mots qu'on ne comprend pas, le premier et le deuxième." Loin d'être réservé à une élite et/ou aux évêques, ce congrès se veut être un rassemblement ouvert à tous. Car pour le père Kornel, "il est bon et digne de célébrer Jésus qui donne la vie éternelle."
Du ciel et de l'eau
La Hongrie se trouve au cœur de l'Europe ; elle a rejoint l'Union européenne en 2004 ; elle compte 10 millions d'habitants, auxquels on peut ajouter les 4 millions de Hongrois vivant en dehors, dans les pays limitrophes. "La Hongrie est le seul pays entouré de lui-même", aurait déclaré Otto von Habsbourg. La langue hongroise est aussi un mystère, "nous on dit que c'est la langue officielle du Ciel ... parce qu'elle est tellement difficile qu'il faut une éternité pour l'apprendre", s'amuse le père Kornel. Une langue qui ne ressemble à aucune autre, comme "tombée du ciel."
Le congrès se tiendra donc en majorité à Budapest, à deux heures d'avion de Bruxelles. Une ville de l'est très populaire qui accueille 6 millions de touristes par an, et 15 millions de voyageurs qui transitent par son aéroport. Budapest, c'est aussi la ville qui abrite la plus grande synagogue d'Europe, et une capitale réputée pour ses eaux thermales.

Vue sur Esztergom
"Toutes mes sources sont en toi" (Ps 87,7)
Tel est le thème choisi pour ce 52e congrès qui débutera tout d'abord à Esztergom, par un symposium. "Le concile vatican II a défini l'eucharistie comme la source et le sommet,explique le père Kornel, ce psaume 87 parle des nations réunies à Jérusalem, et la Hongrie partage ses frontières avec 7 pays, et compte aussi beaucoup de minorités, c'est beau que l'église accueille tout le monde et que l'eucharistie devienne la source de notre vie."
L'objectif de ce 52e congrès est multiple : il s'agit d'adorer Jésus dans l'eucharistie, de fortifier la foi des catholiques, en leur montrant la présence réelle de Jésus dans l'eucharistie, de délivrer un témoignage de l'amour de Dieu présent dans le Pain de vie et enfin d'évangéliser, en sortant des murs de l'église comme nous y invite le pape François.
Très concrètement, se tiendra donc tout d'abord du 10 au 12 septembre, un symposium de deux jours à Esztergom dans le centre saint Adalbert, deux journées plutôt destinées aux théologiens. Ensuite, du 13 au 20 septembre, débute le congrès pour tout le monde, dont les différentes catéchèse seront traduites dans plusieurs langues. Le père Kornel nous apprend que 51 pays se sont déjà inscrits et qu'ils peuvent également compter sur une forte présence des Philippins, précédents organisateurs.
Un programme ambitieux
Dimanche 13 septembre après-midi, la messe d'ouverture sera célébrée au nouveau stade Ferenc Puskas (pouvant accueillir 65 000 personnes). Lors de cette cérémonie, 4000 enfants recevront leur première communion. Les autres rendez-vous se feront principalement au Hall des Foires Hungexpo (capacité 15 000 personnes) dont la rénovation devrait être achevée trois semaines avant le début du congrès, "on prie beaucoup pour qu'il soit prêt à temps" nous confie le père Kornel. Chaque journée se déroulera de manière assez identique avec laudes, catéchèse, témoignage, pause, messe, et enfin atelier.

Vue sur Budapest
Pour occuper les après-midi, entre 50 à 100 activités culturelles et religieuses seront proposées dans le cadre du festival des arts sacrés.
A noter que le jeudi, c'est le patriarche melkite Youssef qui présidera une grand'messe en rite oriental à la basilique saint Etienne réunissant tous les évêques. Les paroisses de Budapest accueilleront aussi les pèlerins dans leur langue, afin de favoriser les échanges.
Pour les jeunes aussi
Si ces Journées Mondiales de l'Eucharistie s'adressent à tous mais plus particulièrement aux adultes (la moyenne d'âge des participants se situant entre 50 et 65 ans), les organisateurs ont à cœur de proposer, en fin de semaine, une journée spéciale pour les jeunes, qui représentent "le futur de l'église", souligne le père Kornel. En Hongrie, seuls 3% des jeunes vont à l'église. C'est pourquoi, "il faut leur proposer quelque chose", insiste l'abbé hongrois. Vendredi, il y aura donc une soirée spéciale dans le style "Nightfever " avec un temps d'adoration et possibilité de confession, ce type de soirée rencontre d'ailleurs un certain succès chez les jeunes hongrois, ils étaient 5000 lors du dernier rassemblement de ce genre organisé à Budapest. Les organisateurs du Congrès en attendent 12000.
Samedi à 17h, une messe sera célébrée devant le Parlement et suivie d'une procession eucharistique aux flambeaux jusqu'à la place aux héros où aura lieu la messe de clôture, dimanche 20 septembre.
En pratique
Pour participer au congrès, il suffit de se rendre à l'adresse iec2020.hu. Vous pourrez ainsi découvrir les tarifs progressifs pratiqués (selon la date à laquelle vous vous inscrivez) et les différentes options qui s'offrent à vous (forfaits 1 semaine, 3 jours ou 1 jour). Les prix varient donc entre 20 et 115 euros selon votre choix. Ce tarif comprend l'accès au Hungexpo, le déjeuner ainsi que les déplacement en transports en commun dans Budapest. Les organisateurs ont déjà réservé 4000 chambres d'hôtel afin d'éviter une flambée des prix.
L'équipe liégeoise propose de son côté deux itinéraires : Citytrip (4 jours pour un budget de +/- 600 euros) et Danube (7 jours /1100 euros) (ce prix comprend inscription au congrès, activités, avion et hôtel 3 étoiles). Des infos plus précises seront bientôt communiquées.
Pour télécharger le programme et s'inscrire individuellement, consultez le site iec2020.hu (en anglais/hongrois, d'autres langues devraient être disponibles dans les semaines à venir).
Sophie DELHALLE
Du 13 au 20 septembre 2020, aura lieu le 52e congrès eucharistique international à Budapest. Pour renouer avec cet événement et susciter, dans notre pays, un printemps eucharistique, la conférence épiscopale de Belgique espère pouvoir compter sur une belle représentation de nos compatriotes sur place. Le père Kornel Fabry, secrétaire-général du congrès, était en Belgique ce weekend afin de présenter le programme de ces futures Journées Mondiales de l'Eucharistie.