Au moment où se tenait son université d'été sur le thème du rôle croissant joué par la neurosciences dans l'apprentissage, le Secrétariat Général de l’Enseignement catholique (SeGec) a introduit un recours devant la Cour constitutionnelle pour discrimination. Motif: le financement des frais de fonctionnement dans le réseau libre est deux fois moins élevé que dans l’enseignement officiel.
L’enseignement libre organisait ce vendredi sa traditionnelle Université d’été. Une édition 2019 consacrée aux neurosciences qui rencontré un vif succès puisqu'elle a rassemblé un un bon millier d'acteurs de l’enseignement. A noter que les demandes d'inscriptions étaient plus nombreuses que les places disponibles, preuve s'il en est de l'intérêt porté par le monde enseignant aux nouvelles pratiques d'enseignement et à la contribution que peuvent apporter les neurosciences.
Cette rencontre annuelle qui se tient à quelques jours de la rentrée scolaire, est aussi l'occasion de faire le point sur les dossiers sensibles touchant à l'éducation et à la formation pédagogique. Ainsi, Etienne Michel (photo), directeur général du SeGec, est revenu que la campagne de sensibilisation lancée au printemps dernier pour dénoncer le fait que le financement des frais de fonctionnement par élève dans l’enseignement catholique, est deux fois moins élevé que ceux octroyés à l’enseignement officiel. Comme rien ne bouge, le SeGec va introduire un recours devant la Cour constitutionnelle pour que les discriminations dont l’enseignement libre est victime cesse.
Pratique discriminatoire
Si ce recours est introduit à la veille de la rentrée des classes, c'est parce ce type de requête doit être introduit dans les six mois qui suivent l’élaboration d’un décret sur la matière. Et, il y a quelques mois, un décret a prolongé de vingt années supplémentaires le système en vigueur, jugé discriminatoire par l'enseignement catholique. Comme le signale Etienne Michel, il était prévu que l’enseignement catholique bénéficierait à terme de 75 % de dotations perçues par l’officiel. Mais, cette période transitoire a été prolongée petit à petit, dont la dernière prolongation de 20 ans, qui se terminerait donc en 2039 !
Aux côtés de cette problématique, le SeGec va aussi devoir s'atteler à d'autres dossiers "chauds" comme la table ronde sur les cours d'éducation à la philosophie et à la citoyenneté. Des discussions ont eu lieu avec tous les partis politiques, excepté le PS qui n'a pas répondu favorablement à l'invitation.
Enfin, la période d'incertitude politique n'est guère propice. Tous les acteurs de l'enseignement attendent la composition du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et, par ricochet, de savoir ce qui adviendra du Pacte d'excellence conclu sous l'ancienne majorité, après des mois de discussions avec les acteurs du monde de l'enseignement.
Et pour terminer, la rentrée 2019-2020 s'annonce d'ores et déjà marquée par une pénurie de professeurs, notamment d'instituteurs maternels et primaires, mais aussi, dans le secondaire, de professeurs de langues, de français ou de sciences.
J.J.D.
Photo: Etienne Michel

