Naïveté? Candeur? Optimisme? Les enfants disent des choses merveilleuses quand ils parlent d’aimer. Une Pascaline, 7 ans, adore son aumônier de meute. Quand il est invité à manger chez elle, c’est sa fête. Un jour, elle a fait une déclaration à toute la famille réunie. Avec ses deux bras et tout son cœur, elle a dit: "Père Loup et moi, on s’aime comme de vieux mariés!" Qui donc t’avait appris que la tendresse des vieux époux est encore plus féroce que la flambée naissante de jeunes tourtereaux? Chère Pascaline, je te trouve bien chanceuse d’avoir des parents de ce genre-là: en les regardant vivre, tu as compris l’essentiel.
Matthieu, lui, est en première année. Il a une autre définition de l’amour: "La preuve qu’Amélie m’aime fort, c’est qu’elle est toujours malade les mêmes jours que moi..."
Sentir les mêmes choses, joyeuses ou tristes, au même moment! Cicéron (mort en 43 avant Jésus-Christ) disait déjà cela. Mais Matthieu ne le savait pas.
Kevin a son idée, lui aussi. Il a deviné qu’aimer ne pouvait jamais finir. Follement amoureux de son institutrice maternelle, il lui a glissé au creux de l’oreille: "Même quand je sera mort, je t’aimerai encore!"
C’est pas beau ça? Sans doute, Kevin, dans ses analyses grammaticales, dira-t-il: "Je sera", verbe à l’éternel infinitif - Futur déjà présent - Voix active - N’a jamais de complément d’objet direct - Unit pour toujours un sujet à un autre, un je et un tu, masculin et féminin, très singuliers l’un et l’autre.
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Ce qui me manque le plus aujourd’hui...
Ce qui me manque le plus aujourd’hui, c’est ceci: je ne trouve plus personne au monde pour me dire "Au-revoir mon vieux! A la semaine prochaine."
Tant qu’on se sait l’enfant de quelqu’un, tant qu’on se sent aimé sans rime ni raison, on a les yeux qui brillent, le visage illuminé. Je crois que Jésus a fait une expérience toute semblable. Ce jour-là, ses trois compagnons apôtres l’ont vu rayonnant d’un bonheur extraordinaire. Et ils ont crié: "Comme on est bien près de toi!" Ils ont su qu’il était le Fils de Dieu. Etre apprécié, cela vous donne un moteur, un transformateur de vie.
Si nous étions plus attentifs, nous entendrions une voix qui tendrement encourage: "Tu es mon fils, continue."
Ceux qui frapperaient à notre porte en seraient émerveillés et crieraient: "Comme on est bien chez toi!"
Religion, relation, deux mots qui se ressemblent tant.
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Pour rendre grâce.... et te dire merci!
Merci, tout simplement, parce que, toi, tu me comprends. Parce que ton sourire malicieux se passe d’explications interminables ou de pièces justificatives.
Merci parce que tu lis dans le fond de mon cœur. Sans te tromper. Déjà quand je t’appelle, tu me reconnais au premier mot. Et si des semaines de silence sont intervenues, tu devines l’heure de mon retour. Tu accueilles mes plaintes et mes cafards et mes espoirs déçus.
Quand je bouscule tes projets, tu me dis: "Viens vite!" comme si tu n’attendais que moi!
Merci parce que tu m’estimes pour qui je suis. Ni plus, ni moins. Tout le monde se sera trompé à mon sujet. Berné par d’illusoires apparences ou d’affreuses évidences. Mais toi? Non, Tu continues à me faire confiance. Et quand je prétends: "Ce n’est pas moi, c’est ma main", tu le crois, sans cesser de m’aimer.
Merci parce que tu n’exiges pas de comptes: ni l’un ni l’autre ne sommes capables de compter.
Merci parce que je n’ai rien à dire que tu ne connaisses depuis toujours. Et tu savais, dès ma première ligne, ce que j’allais t’écrire aujourd’hui. Alors, si finalement, tu protestes, "Arrête tes compliments, je ne suis pas le Bon Dieu, moi", je t’avancerai pourtant qu’en te disant merci, c’était bien à Lui que je pensais...
A travers toi!
