Dans son mot de la revue mensuelle Eglise de Liège de décembre, Mgr Jousten, évoque l'engagement du chrétien en politique, un engagement avec lequel parfois les chrétiens ne se sentent pas en phase…C'est avec l’évangile de Matthieu (Mt 22, 21), qui invite à rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, que l’évêque de Liège illustre son propos. Jésus distingue le domaine de César et celui de Dieu, et il demande de rendre à l’un et à l’autre ce qui leur est dû.
L’indispensable politique
Lors de sa visite des doyennés en 2010, Mgr Jousten a été interpellé une seule fois au sujet de l’engagement politique des chrétiens ; cela a suscité chez lui quelques réflexions qu’il partage.
C’est un fait, les chrétiens considèrent l’engagement politique avec beaucoup de réserve. De trop nombreux scandales et le manque de transparence de la part des politiciens attisent la méfiance des citoyens tant chez nous qu’ailleurs en Europe, alors que nous avons besoin de femmes et d’hommes politiques qui ont des convictions et sont décidés à œuvrer en faveur du bien-être de leurs concitoyens. Il y a quelques semaines, Stéphane Hessel a invité les “indignés” à manifester contre le système socio-économique ; aujourd’hui il les appelle à l’engagement. Car l’indignation, bien que compréhensible, ne suffit pas, et la résignation ne change rien. Il faut regarder l’avenir avec courage et imagination.
L’engagement des chrétiens
Puisque la politique nous concerne tous, nous devons nous y intéresser. Des chrétiens, qui en ont le don et les capacités, doivent s’engager avec tous les hommes de bonne volonté non seulement dans l’action associative et syndicale, mais également dans l’action politique, afin de réagir contre l’individualisme ambiant. L’État jouera son rôle si les citoyens ont le souci de leurs obligations à son égard et de leurs droits : il faut rendre à César ce qui est à César. De leur côté, les gouvernants qui, rappelons-le, sont élus démocratiquement, doivent faire preuve d’un réel souci du bien commun.
L’Évangile, pas plus que la foi chrétienne, n’est une doctrine politique, mais il n’est pas neutre par rapport à la politique ; il offre aux chrétiens un éclairage et des priorités dont, en mai dernier, Enzo Bianchi a parlé à Bruxelles. Le Prieur de Bose a fait remarquer que l’attitude des chrétiens à l’égard des pauvres est la mesure de leur fidélité envers le Seigneur et de leur capacité à vivre aujourd’hui dans le monde en tant que Corps du Christ. Il a souligné qu’il est décisif que les chrétiens cherchent avec les autres hommes des voies où la parité des droits et de la dignité des personnes, la justice économique, l’égalité de tous les citoyens à quelque foi ou éthique qu’ils appartiennent, puissent trouver une réalisation. Il y va de la fidélité à l’Évangile, de la spécificité chrétienne.
Le nécessaire engagement politique
La société, c’est trop clair, a besoin de femmes et d’hommes résolus à s’investir activement dans la réalité politique. Pour Mgr Jousten, la question de parti paraît secondaire. Mais les partis doivent s’ouvrir aux jeunes, les initier à la politique tellement décriée, leur permettre de poser les vraies questions et accueillir ces questions pour qu’un “printemps politique” se lève dans notre pays.
Diocèse de Liège/bl

