Neuf siècles avec Marie à Tongre Notre-Dame


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Neuf siècles avec Marie à Tongre Notre-Dame
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Moins connu que celui de Beauraing, le pèlerinage de Tongre Notre-Dame figure pourtant parmi les plus anciens de Belgique. Celui qui a lieu à la Chandeleur, le plus important de l’année après celui de septembre, célèbre l’arrivée de l’image miraculeuse de la Vierge.

Tongre Notre-Dame. Un charmant petit village hennuyer qui semble identique à ceux présents dans cette région agricole et paisible. Et pourtant, il recèle une merveille que l’on vient vénérer des quatre coins du pays et de bien plus loin. La basilique de style Renaissance flamande à la superbe façade sert d’écrin à une image miraculeuse de la Vierge Marie à l’histoire incroyable.
Les écrits anciens témoignent de l’événement survenu dans la nuit du 1er au 2 février 1081. Sur la base de parchemins, l’abbé Georges Huart a livré en 1641 un récit émerveillé qui témoigne de la force de l’apparition et de l’impression de celle-ci dans les esprits des témoins.
"L’image miraculeuse de Notre-Dame de Tongre fut visiblement apportée par les anges dans une nue blanche et lumineuse en l’année 1081, sur les onze heures de nuit. La sainte image paraissait majestueusement assise dans cette éclatante nue, comme dans un trône de gloire. Tout cet endroit retentissait de la musique harmonieuse et du concert enchanté de la voix des anges. L’air était parfumé d’une odeur d’ambroisie céleste." Une histoire savoureuse quand elle est racontée par notre hôte, le père André Luczak de Tongre et le diacre, Eugène Massinon.

Une statue à l’histoire mouvementée
Décrite sous l’expression d’image miraculeuse dans les témoignages, la statue a une histoire étonnante. Eugène Massinon la connaît par cœur. "La statue n’a pas toujours eu la forme que nous connaissons aujourd’hui, précise-t-il. Elle a été transformée, au fil des siècles, en reine du ciel pour qu’elle ressemble davantage à l’image que l’on se faisait de la Vierge Marie. On l’a ainsi recouverte de plâtre, on a scié les montants de la chaise, coupé la main du Christ. Tout cela pour pouvoir recouvrir la statue d’un manteau jugé digne de son rang", ajoute-il.
La statue (photo), l’originale, que les pèlerins peuvent découvrir dans la basilique a heureusement retrouvé son lustre et sa forme d’antan depuis sa rénovation survenue en 1968. Cette dernière a pu prouver que la statue a bien été réalisée au XIe siècle. Protégée par une grille et des caméras, elle accueille ses visiteurs et étonne par sa relative simplicité.
Durant la Révolution française, elle fut emmurée par souci de protection. Seul obstacle, elle était tellement bien cachée que l’on a failli ne plus la retrouver. Cette anecdote fait encore rire Eugène Massinon, jamais en reste quand il raconte l’histoire de Tongre à ses hôtes. "En Belgique, on ne trouve qu’une statue de la Vierge plus ancienne que celle de Tongre. Il s’agit de celle de Walcourt. Mais le procédé du carbone 14 détermine-t-il l’âge du bois ou de la statue, ceci est une autre histoire", plaisante encore Eugène Massinon.

Des projets pour Tongre
Le père André Luczak, d’origine polonaise, a les yeux qui pétillent quand il s’agit de dévoiler ses projets. Il l’aime sa basilique, tout comme ses trésors. Et sa priorité réside dans l’accueil des pèlerins plus que dans le décorum. En ce sens, Tongre se distingue des autres lieux de pèlerinages. Ni boutiques de souvenirs, ni restaurants ou cafés. Le village a gardé son authenticité. Avec enthousiasme, le père André raconte ses multiples projets pour faire venir encore plus de visiteurs et les accueillir du mieux possible. Il s’attache ainsi à développer le site internet pour suivre la tendance du numérique (www.upchievresbrugelette.be ). En ce qui concerne l’accueil, celui des pèlerins "solitaires" se fera bientôt dans une salle de la cure, dans laquelle chacun pourra prendre une consommation et partager un moment de communion. Comme pour Compostelle, un superbe cachet de Tongre peut être apposé dans le carnet de pèlerinage. Une idée du père André.
Autre projet mis en route, la rénovation de la chapelle Notre-Dame de la Fontaine située non loin de Tongre, à Chièvres.
Aujourd’hui encore, le P. André Luczak se réjouit, en un éclat de rire, de ce miracle qui le surprend toujours. Comment ce petit village de Tongre, d’apparence banal, a-t-il su maintenir le succès de ce culte depuis les siècles écoulés? Et rien ne semble venir enrayer ce processus de dévotion.

Philippe DEGOUY

Catégorie : Belgique

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