Amnesty International milite contre l’enfermement des enfants


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Amnesty International milite contre l’enfermement des enfants
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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A Steenokkerzeel, le nouveau centre fermé pour familles avec enfants accueille à partir de ce mardi 14 août, ses premiers détenus. Dans le cadre de la campagne "On n’enferme pas un enfant. Point", des militants d’Amnesty International ont mené une action symbolique face au cabinet du Premier ministre.

Les militants d'Amesty International ont déployé une immense banderole représentant des silhouettes de familles avec enfants derrière des barreaux, devant laquelle ils ont disposé quelque 150 peluches prisonnières de carcans. Avec cette action, l’organisation de défense des droits humains demande aux autorités belges de mettre un terme à la détention d’enfants, accompagnés ou non, pour des motifs liés à l’immigration, cette pratique étant toujours contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant.

"Alors que la Belgique jouait depuis quelques années un rôle précurseur dans le développement d’alternatives à la détention des enfants, elle opère aujourd’hui un inquiétant retour en arrière. L’idée que des enfants se retrouvent prisonniers de grillages et surveillés par des caméras et des gardiens pour des raisons liées à l’immigration est insupportable. Toute aussi neuve et clinquante qu’elle soit, une prison reste une prison", explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. "Plutôt que de justifier la détention d’enfants par la volonté de préserver la cellule familiale, le gouvernement devrait, compte tenu de la nécessité de garder la famille unie, prévoir une présomption défavorable à la détention de familles, et mettre en place des solutions alternatives."

Le 1er août, l’arrêté royal détaillant le fonctionnement des nouvelles unités de détention pour les familles a été publié. Autorisant la privation de liberté des familles avec enfants en séjour irrégulier, il est entré en vigueur 10 jours plus tard. Amnesty International, tout comme d’autres instances européennes et onusiennes (telles que le Comité des droits de l'enfant et le Haut-Commissariat pour les réfugiés), considère que les enfants ne devraient jamais être détenus uniquement en raison de leur statut migratoire. De plus en plus de recherches démontrent que la détention des enfants, même pendant une courte période, dans des circonstances appropriées et accompagnés de leurs parents, peut avoir des effets néfastes sur leur santé mentale et leur développement. Les enfants constituent par ailleurs un groupe de migrants et de demandeurs d'asile reconnu comme ayant des besoins spécifiques, lesquels sont incompatibles avec un régime de détention.

"Comme cela a récemment été mis en évidence par différents experts des Nations Unies, la détention d’un enfant en raison de son statut migratoire ou de celui de ses parents va toujours à l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant, constitue une violation flagrante de ses droits et cause des dommages irréparables pouvant s’assimiler à de la torture ou à d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants ; cette pratique est indigne des valeurs que prétend défendre le gouvernement", précise Philippe Hensmans.

Communiqué d'Amnesty International - Image: © Frédéric Moreau de Bellaing

Catégorie : Belgique

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