Basta! Assez! Le pape François, fidèle à lui-même, a dénoncé l’utilisation du Moyen-Orient par des nations étrangères, au nom de tous les chefs des Eglises orientales, orthodoxes et catholiques réunis à Bari ce samedi 7 juillet 2018, dans la cadre d'une rencontre œcuménique.

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Parmi les participants réunis autour du pape François, on retrouve bien entendu des non-catholiques, des représentants de l’Orthodoxie, des Arméniens apostoliques, des représentants de l’Eglise assyrienne d’Orient , des Eglises catholiques orientales, de l’Eglise latine, de l’Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et Terre Sainte, et du Conseil des Eglises du Moyen Orient, représenté par une femme.
“Assez de l’utilisation du Moyen-Orient au seul bénéfice des nations étrangères. Assez de la soif de profit (…) cherchant uniquement à accaparer les gisements de gaz et de pétrole! Assez des avantages de quelques-uns sur le dos du plus grand nombre ! Assez des occupations de terres qui déchirent les peuples ! Assez que les vérités partisanes l'emportent sur les espoirs des gens!", a fermement déclaré le pape François sous les applaudissements nourris de la foule. 70 000 fidèles s'étaient rassemblés pour assister à la célébration.
Le pontife a prié pour que le Moyen-Orient ne soit plus “un arc de guerre“ tendu entre les continents, mais une “arche de paix“ accueillante pour les peuples et les croyances.
« L’indifférence tue, et nous voulons être une voix qui lutte contre l’homicide de l’indifférence », a aussi déclaré le pape François lors de la prière avec les représentants des Eglises du Moyen-Orient. C'est le souverain pontife qui a introduit la prière pour la paix – « Que la paix soit avec toi ». Le pape a allumé la flamme devant le tombeau du saint.
Au terme de la prière, les participants ont échangé un signe de la Paix du Christ et les jeunes ont remis à chacun une lampe, symbole de leur engagement pour la paix. Chacun est allé la placer sur le grand chandelier de la paix.
En écho à cette rencontre, le pape a posté ce tweet sur son compte @Pontifex: « Dieu de toute consolation, toi qui soulages les cœurs blessés et panse les blessures, écoute notre prière : qu’il y ait la paix au Moyen-Orient ! » Puis cet autre: « Que l’humanité entende le cri des enfants du Moyen-Orient. En essuyant leurs larmes, le monde retrouvera la dignité ! »
Les grandes puissances doivent se mettre au service la paix
Beaucoup de conflits au Moyen-Orient ont certes été fomentés par le fondamentalisme et le fanatisme, a reconnu le pape, après plus de deux heures d’échanges à huis clos avec les patriarches orientaux. Toutefois la violence est “toujours alimentée par les armes“, a-t-il estimé. On ne peut pas élever la voix pour parler de paix tout en poursuivant de façon effrénée la course à l’armement. Le pontife a interpellé les grandes puissances, les exhortant à prendre leurs responsabilités en se mettant “au vrai service de la paix“, et non pas de leurs propres intérêts.
Préserver l'identité de Jérusalem
“Très angoissés“, mais avec espérance, “tournons le regard“ vers Jérusalem, ville de tous les peuples, a suggéré le pape. Son identité et sa vocation doivent être préservées “au-delà des disputes et des tensions“.
François a exhorté aussi à ce que les chrétiens soient considérés comme des citoyens avec les mêmes droits que les musulmans. "Que tous ceux qui sont présents soient défendus, et pas seulement ceux qui sont majoritaires. [...] Les chrétiens aussi sont et doivent être des citoyens à part entière, avec des droits identiques."
Le pontife s’est par ailleurs réjoui du dialogue fraternel avec les chefs des Eglises orientales. Cela a été un signe, a-t-il estimé, que la rencontre et l’unité doivent toujours être recherchées sans peur de la diversité. Dans cette optique, le pape et les patriarches se sont tous engagés à marcher, à prier et à travailler, afin que l’art de la rencontre prévale sur les stratégies de l’affrontement, y compris sur les terrains arides des oppositions. Le successeur de Pierre a alors incité à s'abreuver et se purifier dans la source qu'est le Moyen-Orient.
Au terme de cette déclaration, le pontife et tous les patriarches accompagnés d’enfants ont alors libéré des colombes en signe de paix. Un chant en araméen a aussitôt retenti sur la place attenante à la basilique Saint-Nicolas.
Revenant sur cette rencontre lors de l'Angélus, François a qualifié cette journée de prière et de réflexion de "signe éloquent de l'unité des chrétiens». Le Saint-Père a tenu a remercié tous «les chefs des Églises et ceux qui les représentent», mais également l'archevêque de Bari, Mgr Francesco Cacucci, et le fidèles ayant pris part à cette belle journée œcuménique pour le Moyen-Orient en bord de mer Adriatique.
S.D. avec Zenit et Vatican News
