« En offrant mes souffrances à Jésus, je reçois la force pour tenir dans l’épreuve. » Ute Costermans témoigne de sa foi vivante


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« En offrant mes souffrances à Jésus, je reçois  la force pour tenir dans l’épreuve. » Ute Costermans témoigne de sa foi vivante
Par Nathalie BREYSSE et Elisabeth DEHORTER
Publié le - Modifié le
5 min

Ute Costermans vit en Brabant wallon. Elle est née en Allemagne, près de Karlsruhe au début des années 1940. Depuis toujours, elle souffre d’une maladie génétique, ce qui ne l’a jamais empêchée de mener une vie ouverte vers les autres et le Tout Autre, et remplie d’espérance.

Sa famille d’origine était athée, de tradition protestante. Arrivant en Belgique comme jeune fille au pair à 18 ans, Ute fait la connaissance d’une famille catholique. Elle est touchée par son accueil. Petit à petit, elle tombe amoureuse d’un des fils de la famille, Jacques.

Son unique jour de congé est le dimanche. C’est donc le seul jour qu’elle passe avec son amoureux. Mais il va à la messe. “Quelle idée! Nous n’avons qu’une journée à passer ensemble, pourquoi donc en gaspiller une heure en allant à la messe?” s’indigne-t-elle.

Mais Jacques ne renonce pas. Pour passer plus de temps avec lui, Ute l’accompagne. Voyant l’importance de l’Eglise pour lui, Ute demande le baptême. Elle n’a aucune instruction religieuse. Le curé, pensant que sa future belle-famille s’en occupera, ne prend pas le temps de lui expliquer le cœur de la foi catholique. L’instruction religieuse d’Ute aura donc lieu en même temps que celle des trois enfants qui naîtront.

Blessure et incompréhension

La veille de son baptême dans la nuit de Pâques 1962, coup de théâtre. La mère d’Ute lui glisse qu’elle a peut-être été baptisée chez les protestants, mais elle n’en est pas sûre. C’était pendant la guerre.

Apprenant cela, le prêtre de la paroisse refuse de la baptiser en public et la baptise dans la sacristie après lui avoir fait signer un document dans lequel “elle exprime son regret d’avoir été hérétique”. Ute ressent alors une cruelle blessure envers l’Eglise catholique.

Le stratagème de Dieu face à son enfant rebelle

Toute sa vie, Ute a toujours eu un bon franc-parler, avec les autres et avec Dieu. Un jour, on lui propose de participer à une adoration de nuit, Ute refuse. La nuit, elle entend quelqu’un frapper à la porte. Elle se lève et ouvre. Personne. Elle se recouche. Quelques minutes plus tard, elle entend le même bruit. De nouveau, elle va ouvrir. Toujours personne.

Se recouchant, Ute s’adresse à Dieu: “Si c’est toi qui frappe, rappelle-toi ce que tu as dit: ‘Je me tiens à la porte, et je frappe, attendant que vous ouvriez.’ Eh bien pour moi, ce n’est pas le moment.” Ute se rendort.

Là, à travers la cloison, elle entend le couple dans la chambre d’à côté se dire l’un à l’autre: “Enfin! Nous nous sommes réconciliés. Il faut le dire à Ute qui a passé tant de temps à nous écouter. Elle doit être à l’adoration de nuit.” Ni une, ni deux, Ute enfile sa robe de chambre et file à la chapelle. Et là, pas de couple. Mais ce n’est pas grave. Ute plonge dans l’intensité de l’adoration eucharistique.

La découverte du mystère de l’Eglise

Ute et son mari Jacques ont fait partie de Mariage-Rencontre (aujourd’hui Vivre et Aimer). Leur mission était d’accueillir et d’entourer les prêtres. C’est ainsi qu’ils rencontrent Antonio, un prêtre italien de passage en Belgique. Un jour qu’ils vont lui rendre visite à Rome, Antonio leur partage ses difficultés, sa colère contre l’Eglise qui est si loin de la radicalité de l’Evangile, et son envie de quitter le ministère.

En l’écoutant, Ute se sent déchirée. Elle comprend les raisons de son rejet de l’Eglise et le partage en partie. En même temps, elle sent que son ami a besoin d’être remis debout dans sa vocation.

Après avoir prié intérieurement, elle s’entend dire: “Dieu a dit à Pierre: ‘Sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise.’ Pourtant Pierre était un homme “tout feu, tout flamme”. Il a trahi à la première occasion, et cela par trois fois! La confiance de Dieu est allée jusqu’à lui confier la direction de son Peuple. Depuis 2.000 ans, les humains n’ont pas changé. Alors, est-ce que Dieu aurait changé? Est-ce qu’il ne nous aime plus tels que nous sommes? Lâches, inconstants, infidèles…”

Quelque temps plus tard, Ute apprend qu’Antonio a décidé de rester fidèle à son appel. Ces paroles qui lui ont été inspirées ont permis à Ute de comprendre profondément le mystère de l’Eglise et de se réconcilier avec elle.

Répondre à l’appel de Dieu

Ute et son mari ont rapidement décidé de se rendre disponibles pour annoncer l’amour de Dieu. Ainsi, on leur a demandé de prier chaque jour pour l’Eglise et ses prêtres. Pour cela, ils ont la grâce d’accueillir la Présence réelle chez eux: ils ont un tabernacle avec Jésus présent dans l’hostie, comme à l’église.

Ils ont mené également de nombreuses initiatives: propagation des messages de Medjugordje en Belgique francophone, création d’une chapelle ouverte à tous dans leur jardin, des journées de jeûne et de prière… A travers tous ces engagements, ils ont perçu des signes de la présence de Dieu. Par exemple, quand leur fils leur a demandé de bâtir une chapelle dans leur jardin, Ute a d’abord refusé. Mais dans les semaines qui ont suivi, trois personnes se sont plaintes auprès d’elle de voir des églises fermées ou éloignées… Là-dessus, Ute trouve dans sa boîte aux lettres une somme de 25.000 francs belges “à utiliser pour la gloire de Dieu…” Il n’en fallait pas plus pour que la famille construise la chapelle.

A travers la maladie

Ute souffre d’une maladie génétique, qui a des répercussions quotidiennes et nécessite de nombreuses hospitalisations. Elle y a appris à regarder avec les yeux de Dieu et non les siens. Avec l’âge, ses contraintes et souffrances ne diminuent pas. Depuis quatre ans, elle doit rester dans son appartement. Pourtant, elle ne s’est jamais sentie aussi aimée et utile, grâce à la prière vécue seule ou avec son mari, en rejoignant des groupes de prière, sur la chaîne catholique KTO ou d’autres médias. 

Ute lance un appel: “Vous êtes malade, isolée, vous vous sentez inutile? Aujourd’hui, vous pouvez faire l’essentiel pour le Royaume: offrir toutes vos souffrances à Jésus, afin qu’il puisse les porter avec vous. En les offrant, je reçois souvent une consolation: la force pour tenir dans l’épreuve, ou parfois même un allègement temporaire de mes souffrances physiques. Offrez votre temps, vos tâches, l’actualité en priant… Il s’agit de l’essentiel. Le monde en a tant besoin.” Une invitation à prier qui transforme les cœurs et par conséquent les relations humaines, comme en témoigne chaleureusement Ute. 

Nathalie BREYSSE et Elisabeth DEHORTER, vicariat du Brabant wallon


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