« Le Pape a trouvé mon uniforme très beau »: un des derniers Suisses d’église de Belgique reçu par Léon XIV


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« Le Pape a trouvé mon uniforme très beau »: un des derniers Suisses d’église de Belgique reçu par Léon XIV
Koenraad Cautaerts serre la main du pape Léon XIV. Un moment qu’il a vécu en pensant à son arrière-grand-père, premier Suisse de la famille : "Il aurait trouvé ce moment si spécial." © Vatican Media
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

À 39 ans, Koenraad Cautaerts a vécu un moment qu’il n’aurait jamais osé imaginer. Ce "Suisse d’église" flamand a été reçu en audience par Léon XIV. "Il m’a demandé quelle était ma fonction, car il ne la connaissait pas." En Belgique, ils ne sont plus que cinq à perpétuer cette tradition. Mais au fond, qu’est-ce qu’un "Suisse" ?

Lors de la messe dominicale à Aarschot ou à Roosdaal, certains fidèles ont parfois l’impression de remonter le temps. À l’entrée de l’église, une silhouette en uniforme accueille les paroissiens, hallebarde en main. Ce personnage, c’est le Suisse d’église – ou kerkbaljuw en flamand. Une fonction autrefois répandue, aujourd’hui presque disparue. En Belgique, ils ne seraient plus que cinq.

Longtemps, le Suisse fut chargé de veiller au bon ordre des célébrations. Une sorte de "gendarme" de la messe, que certains jeunes redoutaient. Après le concile Vatican II, cette mission s’est peu à peu éteinte, le maintien de l’ordre revenant au curé. Ne subsiste désormais qu’un rôle symbolique et cérémoniel.

Dans les pas de son arrière-grand-père

Pour Koenraad Cautaerts, la fonction dépasse le simple folklore. Elle est affaire de mémoire familiale. "La décision d’incarner un Suisse d’église vient de moi, nous expliquait-il en février 2022 dans le journal Dimanche, alors qu'il venait d’être nommé Suisse d'église à Aarschot. Je désirais marcher dans les pas de mon arrière-grand-père, Joseph-Désiré Cautaerts, dernier Suisse de l’église Sint-Gaugericus de Pamel, à Roosdaal. Ma vocation est clairement née de cet héritage familial. Quand j'étais petit, mon grand-père me transmettait déjà certains rudiments tels que la manière de saluer ou de marcher." À Roosdaal, on surnommait d’ailleurs toute la famille Cautaerts… "les Suisses".

Si, autrefois, son arrière-grand-père pouvait aller jusqu’à expulser les perturbateurs, la mission actuelle est tout autre. "À l’époque, si des gens parlaient durant l’office, le Suisse les mettait dehors. Les jeunes habillés de façon indécente étaient reconduits à l’extérieur", raconte Koenraad. Aujourd’hui, il n’est plus question pour le Suisse de réprimer, ni de punir. "Ma fonction est cérémonielle avant tout. J’accompagne le curé de la sacristie à l’autel en tenant ma hallebarde en position défensive. Je salue et frappe le sol avec ma hallebarde lors de la consécration. Avant la messe, j’accompagne les fidèles jusqu’à leur place. Bien sûr, quand des gens parlent, je ne me prive pas d’aller me tenir juste à côté d’eux. Quasi systématiquement, cela suffit à les faire taire (rires)".

Mais son rôle est aussi profondément social : présence rassurante pour les personnes âgées, figure fascinante pour les enfants, visage familier avant et après la messe.

Une rencontre inoubliable au Vatican

Le mercredi des Cendres, Koenraad Cautaerts a vécu un moment qu’il n’est pas près d’oublier : il a été reçu en audience par le pape Léon, au Vatican. La rencontre s’inscrivait dans le cadre d’une audience organisée par Pro Petri Sede, une association qui soutient financièrement les œuvres missionnaires pontificales.

En uniforme de soldat, et muni d'un bicorne centenaire hérité de son arrière-grand-père, le Suisse flamand n’est pas passé inaperçu. "Le pape a regardé mon uniforme et m'a dit qu'il était très beau", relate-t-il à Het Laatste Nieuws. Le Saint-Père s’est montré curieux : "Il m'a demandé quelle était ma fonction, car il ne la connaissait pas. Je lui ai expliqué que mon arrière-grand-père avait commencé cette activité il y a 115 ans." Koenraad a d'ailleurs une pensée émue pour le premier Suisse de la famille : "Il aurait trouvé ce moment si spécial."

Au quotidien flamand, il s’est aussi livré à une confidence plus légère : "Des amis que j'ai au sein de la Garde suisse pontificale m'ont dit en rigolant que je devrais épouser la princesse Elisabeth pour espérer rencontrer le pape." Finalement, nul besoin d’un mariage princier !

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Clément Laloyaux avec Otheo

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