L’évêque Patrick Neary déplore la violence de l’ICE dans le Minnesota : « Tout le monde a peur d’être arrêté »


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L’évêque Patrick Neary déplore la violence de l’ICE dans le Minnesota : « Tout le monde a peur d’être arrêté »
Mgr Patrick Neary, évêque de Saint Cloud © Capture YouTube Diocese of Saint Cloud
Par La rédaction
Publié le
3 min

Mgr Patrick Neary est l'évêque de Saint Cloud, dans l'Etat du Minnesota, non loin de Minneapolis. Il dénonce les méthodes violentes de la police de l'immigration, qui n'hésitent pas à interpeller des migrants en situation régulière, y compris dans les paroisses. Il s'inquiète en particulier d'un "effondrement de l'État de droit et de l'ordre public".

La ville de Saint Cloud, dans le Minnesota, se trouve à une soixantaine de kilomètres de Minneapolis, secouée ces derniers jours par des protestations massives contre les centaines d'arrestations de migrants opérées par les agents de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement). La colère et la consternation y ont atteint de nouveaux sommets depuis la mort d'Alex Pretti, abattu par un membre de la police de l'immigration ce samedi 24 janvier.

Mgr Patrick Neary, l'évêque du diocèse de Saint Cloud, a exprimé sa vive inquiétude aux médias du Vatican. "Comme à Minneapolis, l'ICE utilise ici aussi des méthodes jugées violentes. Beaucoup ont peur de sortir de chez eux et ne vont plus travailler" a-t-il constaté lui-même dans les rues de la ville, ayant assisté à des dizaines d'«opérations contre l'immigration clandestine». L'évêque précise : «Les agents de l'ICE ne semblent pas se comporter correctement. Ils utilisent un langage vulgaire, ils sont physiquement violents. Il semble que la manière dont ils utilisent leur matraque ne soit pas conforme à ce que devraient faire des forces de l'ordre professionnelles».

Une violation de certaines libertés

Mgr Patrick Neary a aussi relevé que "l'ICE est très présente autour de nos églises. Dans certains cas, les agents ont frappé à la porte des communautés ecclésiales où le pourcentage de Latinos est élevé: tout le monde a peur d'être arrêté». Trop nombreux sont ceux qui ne sortent plus de chez eux de peur d'être arrêtés, menottés et séparés de leur famille. «Ils ne vont même plus travailler et s'ils ne gagnent pas d'argent, ils ne peuvent pas payer leur loyer, leurs factures. Ils sont vraiment bouleversés».

Sur les 70.000 habitants que compte Saint Cloud, 13 % sont des familles d'origine somalienne. La plupart d'entre elles sont des migrants, mais leurs enfants sont nés aux États-Unis. Et eux aussi, dénonce Mgr Neary, ont été pris pour cible par l'ICE: «Lorsque les policiers sont venus arrêter certains membres de cette communauté, des affrontements ont éclaté. Récemment, ils ont été qualifiés de personnes qui ne méritent pas d'être ici et qui proviennent d'une culture peu respectable. Ils vivent désormais dans un état d’accablement extrême».

Les paroisses concernées

La colère qui grandit de plus en plus parmi la population est également due au fait que les agents de l'ICE peuvent désormais entrer dans une paroisse, une école ou une maison sans mandat judiciaire. "Je pense qu'un mandat administratif suffit désormais", déplore-t-il. "Cela représente une violation de certaines libertés dont nous jouissons dans ce pays : il y a une inquiétude générale quant à l'effondrement de l'État de droit et de l'ordre public"

L'évêque n'en est pas moins conscient qu'une opinion différente et très répandue circule également parmi la population : «Beaucoup de gens pensent que l'ICE fait simplement son travail... Je comprends que la peur de l'autre pousse ceux qui soutiennent l'ICE à considérer tous les immigrés comme des criminels, car c'est ainsi qu'ils sont définis, mais cela est préoccupant».

Un acharnement ciblé

D'autant plus que l'acharnement semble également se concentrer sur les migrants vulnérables qui ont entamé le processus d'obtention de la citoyenneté après avoir obtenu un certificat d'immigration régulière. «Certains sont approchés par l'ICE même en dehors des tribunaux d'immigration. Si l'ICE ne recherchait que les personnes ayant réellement commis des crimes, il n'y aurait rien de mal à cela. Nous savons très bien que les États-Unis ont le droit de défendre leurs frontières, mais de la même manière, ceux qui fuient l'extrême pauvreté ou la violence ont le droit d'immigrer. Il faut trouver un équilibre entre ces deux réalités».

C.H., d'après Vatican News

Catégorie : International

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