« Bonne fête, Saint-Père ! » Ce 10 novembre, l’Eglise fête Léon le Grand, premier pape à avoir ce nom


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« Bonne fête, Saint-Père ! » Ce 10 novembre, l’Eglise fête Léon le Grand, premier pape à avoir ce nom
Saint Léon le Grand (c) Vatican Media
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Qui était Léon Ier dit "le Grand", le lointain prédécesseur du pape actuel, avec lequel il partage le nom et la charge ? Elu à une époque difficile, il jouera un rôle politique de stabilité. Docteur de l'Eglise, saint Léon a également apporté une contribution majeure au concile de Chalcédoine (451), qui a défini le dogme essentiel du Christ comme "une personne subsistant en deux natures", divine et humaine.

Né en 391 en Étrurie, Léon devient diacre de l'Eglise de Rome en 430. A la mort du pape Sixte III, le 19 août 440 il est en Gaule, afin d'arbitrer un conflit entre le patrice Aetius et le préfet des Gaules Albinus. Bien qu'absent de la ville éternelle, il est alors élu évêque par le peuple romain, ce qui témoigne de sa réputation et de sa grande influence. Il sera ordonné le 29 septembre 440. A sa mort, le 10 novembre 461 (qui deviendra le jour de sa fête), après un long pontificat de 21 ans, il sera le le premier pape à être enterré dans la basilique Saint-Pierre

Premier évêque de Rome à prendre le nom de Léon, il est également le premier successeur de Pierre à être appelé "le Grand ". Bien plus tard, en 1754, il sera proclamé docteur de l'Église par le pape Benoît XIV.

Pape dans une époque troublée

Au moment de l'élection de Léon Ier, l'Empire romain d'Occident est confronté à une lente agonie, subissant les invasions des Francs, des Wisigoths, des Vandales, des Huns et des Burgondes. En 452, Léon sauve Rome des hordes d'Attila. Mais en 455, il ne parvient pas à empêcher le sac de Rome par les Vandales, mais parvient à éviter que la ville ne soit pas incendiée. Les basiliques de Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Jean sont épargnées. Saint Léon est alors reconnu pour son courage et sa grande dévotion à la ville de Rome.

Le concile de Chalcédoine

Le pape Léon le Grand sera également confronté à de nombreuses hérésies s'écartant de la foi apostolique commune. La principale est le monophysisme, dont les des principaux représentants était le moine Eutychès (mort vers 454). Cette doctrine, qui remet en cause la réalité de l'Incarnation, affirme bien que Jésus est le Fils de Dieu fait homme, mais que sa nature ou substance (ousia) divine, après l'Incarnation, absorbe en elle la nature humaine du Christ. Le "résultat" de l'Incarnation est donc que le Christ est une seule personne possédant une seule nature divine. Mais alors, comment la nature humaine peut-elle être sauvée par le Christ si elle n'existe plus en lui ?

Le monophysisme adopte le point de vue presque contraire au nestorianisme, qui affirme que Jésus unit en lui deux personnes (hypostasis)- et pas seulement deux natures.

Dans une Lettre à Flavien, alors archevêque de Constantinople, Léon va alors préciser la pensée christologique de l'Eglise. Sa théologie va inspirer de manière décisive le concile de Chalcédoine qui se tiendra en 451. Pendant le concile, la Lettre à Flavien est lue publiquement aux 350 pères conciliaires présents qui l'accueillent. Et affirment que "Pierre a parlé par la bouche de Léon, Léon a enseigné selon la piété et la vérité".

Une personne en deux natures

Que dit le concile de Chalcédoine ? Définissant le sens de certaines notions, dont l'imprécision contribuait à la confusion et à l'incompréhension entre les protagonistes, les Pères conciliaires affirmeront que le Christ est un seul Fils en deux natures, divine et humaine, "sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation". Chaque mot a son importance :

  • Deux natures : Jésus-Christ est à la fois pleinement divin et pleinement humain.
  • Une seule personne : Il n'y a qu'une seule personne du Christ, et non deux, ce qui s'oppose à Nestorius qui pensait qu'il y avait deux personnes.
  • Sans confusion : Les deux natures ne sont pas fusionnées.
  • Sans changement : L'union des deux natures n'altère aucune des propriétés de l'une ou l'autre.
  • Sans division ni séparation : Les deux natures ne sont pas séparées ou réparties en deux personnes distinctes.

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