L’archevêque de Malines-Bruxelles était l'invité de La vie des diocèses, ce 15 septembre sur KTO. Il est revenu sur les grands défis de son diocèse et de l’Eglise en Belgique: mission d’évangélisation, accueil des plus fragiles, rôle des laïcs et des femmes et mémoire des blessures du passé.
Mgr Terlinden présente l'archidiocèse comme un carrefour de cultures et de langues. "C’est ce qui fait la richesse de l’Eglise aujourd’hui", souligne-t-il. La diversité des populations, souvent venues d’ailleurs, n’est pas un obstacle mais une chance: "Je suis particulièrement reconnaissant de ces chrétiens qui revitalisent nos paroisses et nous permettent de grandir dans un élan missionnaire." Pour lui, l’Eglise en Belgique vit une mutation comparable à celle du reste de l’Europe: passer d’une institution installée à une communauté missionnaire, joyeuse et audacieuse.
Au-delà de cette vitalité, l’archevêque exprime aussi une attente forte : la nomination prochaine de trois évêques pour Namur, Gand et Tournai. "Mon espoir, ce sont des pasteurs selon le cœur de Dieu… des hommes d’unité et qui aient à cœur d’annoncer l’Evangile pour aujourd’hui." Reconnaissant que "ce temps d’attente commence à être un peu long", il appelle à vivre ce temps dans l'espérance, "mais aussi dans la confiance d'accueillir ceux que le Seigneur nous donnera à travers l'appel du Saint Père".
Face aux blessures du passé, vigilance et vérité
La chaîne flamande VTM propose en cette rentrée la série documentaire "De nonnen" consacrée aux pages sombres de la vie religieuse en Flandre. On y apprend des violences infligées à des enfants dans la période 1950-1990. Des témoignages de mères contraintes d'abandonner leur enfant pour une adoption ou un accouchement sous X. Interrogé sur les révélations d’abus et d’adoptions forcées, Mgr Terlinden se dit bouleversé: "C’est très choquant d’entendre ces témoignages. J'ai moi-même eu l'occasion aussi de rencontrer personnellement certaines personnes qui ont été notamment adoptées et retirées de leur mère pratiquement à la naissance. On se demande aujourd’hui comment c’est possible." L'archevêque souligne la responsabilité actuelle de l’Eglise: "Au nom de l’Evangile, nous devons pouvoir dénoncer les situations indignes de l’Homme. Nous ne voulons plus collaborer à ce genre de pratiques."
Une Eglise hospitalière et fraternelle
Au cœur de ses priorités: l’accueil. "Dans cette mutation que nous vivons, l’Eglise est appelée à être toujours plus missionnaire. Cela passe par l’hospitalité, l’accueil de ceux qui frappent à nos portes ou que nous rencontrons dans les périphéries." La hausse des baptêmes, notamment chez les jeunes adultes, en est pour lui un signe: "Il y a une génération en recherche, qui a soif. Le défi est de les accueillir, mais aussi de recevoir d’eux. Ils vont renouveler notre Eglise."
Cette fraternité doit aussi s’incarner dans les paroisses. Réagissant au témoignage d’une fidèle, il confirme vouloir faire de la solidarité une de ses priorités: "On n'est pas tout puissant, on a peut-être des limites dans ce qu'on peut faire, mais on peut déjà commencer avec les personnes isolées, malheureusement très nombreuse notre société aujourd'hui."
Des laïcs et des femmes en responsabilité
La nomination de Rebecca Alsberge comme déléguée épiscopale du Brabant wallon, est pour lui un signe fort : "Rebecca est là pour ses qualités et son charisme. Cela manifeste la complémentarité entre charismes et ministères." Il ajoute : "Je ne me sens pas moins évêque en ayant des femmes à mes côtés, au contraire. On ne travaille pas de la même façon dans un conseil quand on a des femmes présentes, et c’est pour un mieux." Luc Terlinden estime qu'il faudra "toujours plus approfondir" la complémentarité entre prêtres, diacres et laïcs.
Pour l’archevêque, la mission qui lui a été confiée est claire: "Rester centré sur le Christ et vivre l’unité. La mission de l’évêque est de construire une fraternité et éviter que chacun vive dans son coin". S’il reconnaît la "lourdeur de la charge", il confie : "Je compte sur la prière et sur ceux qui m’entourent pour rester moi-même. Le oui rend heureux et le non rend triste."
La vie des diocèses avec Mgr Terlinden, une émission à revoir sur KTO
