Voici les attentes de Laura Rizzerio sur le nouveau pontificat: « Le monde a besoin d’une Eglise qui soit signe d’espérance » (1/7)


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Voici les attentes de Laura Rizzerio sur le nouveau pontificat: « Le monde a besoin d’une Eglise qui soit signe d’espérance » (1/7)
Laura Rizzerio enseigne la philosophie à l'Université de Namur ©Photomontage CathoBel
Par Vincent Delcorps
Publié le
4 min

Juste avant l'élection de Léon XIV, nous avons interrogé plusieurs chrétiens de Belgique, observateurs attentifs de la vie de l'Eglise. Qu'attendent-ils du nouveau pontificat ? Aujourd'hui, c'est Laura Rizzerio, 65 ans, professeure de philosophie à l'Université de Namur et chroniqueuse, qui répond.

Depuis les mots que Jésus adresse à Pierre lui demandant de devenir le pasteur de toutes les brebis, le Pape est pour les chrétiens ce « pasteur » envoyé par Dieu. En lui confiant la responsabilité de guider toutes les brebis, Jésus demande à Pierre de l’aimer, Lui, par-dessus tout. C’est donc cela la première chose que j’attends du Pape : qu’il soit un « homme de Dieu », passionné du Christ et aimant toutes les brebis qui lui sont confiées par le Père. Ce qui veut dire, non seulement les « membres » de l’Église, mais aussi tous les hommes et les femmes de cette terre, car toutes et tous sont filles et fils de Dieu, ses créatures bien aimées.

Une Eglise proche de l'humanité

Le Pape François a donné un bel exemple de cet amour du Christ qui devient amour de toute l’humanité, en se faisant pauvre, disponible à tous et plus particulièrement aux plus vulnérables. Il a ainsi voulu que l’Église soit un signe d’accueil pour tous dans le monde et il a constamment invité les chrétiens à « aller au périphéries » concevant l’Église comme un « hôpital de campagne » dans un monde de plus en plus sécularisé, marqué par l’individualisme, la violence, le désespoir. Et cela au risque de « se rendre malade » au contact de la mentalité du monde. Je souhaiterais que le nouveau Pape continue ce chemin en faisant sentir au monde que l’Église est proche de toute l’humanité et qu’elle apporte l’amour de Dieu qui aime chaque homme et chaque femme de cette terre, qui aime sa création et invite à la respecter et à l’aimer.

Au service du bien commun

Le Pape François s’est exposé aussi dans le domaine de la « politique », c’est-à-dire du « vivre ensemble ». Non pas pour prendre parti pour l’un ou l’autre des puissants de ce monde (ce que peut-être l’Église a fait dans le passé), mais pour que les dirigeants se mettent au service du « bien commun », en protégeant les droits fondamentaux de toutes les personnes (et donc aussi des migrants, des prisonniers, des pauvres, de personnes âgées, des vulnérables en somme), en respectant la création et ses ressources grâce à un mode de vie sobre et responsable, en favorisant le dialogue entre les peuples, les religions, les différences ethniques et culturelles, afin que la paix soit possible partout. Je souhaiterais que le nouveau Pape continue ce travail de dialogue avec le monde pour rappeler l’importance de la politique comme service du bien commun. L’Église catholique, par son histoire et sa position universelle, est l’une des Institutions le plus à même de pouvoir favoriser le service du bien commun et d’indiquer le chemin pour que d’autres le fassent aussi.

Pauvre et synodale

Le Pape François a initié une transformation profonde dans la gouvernance de l’Église, en souhaitant que cette gouvernance soit plus « collégiale », plus « synodale ». Il a en se sens opéré plusieurs modifications dans la Curie romaine et à la tête des dicastères. Il a voulu une Église pauvre, luttant contre les abus et contre toute forme de connivence – financière – avec la criminalité organisée. Une Église peuple de Dieu, centrée sur le message de l’amour du Christ pour tous et fidèle à cet amour, mais capable aussi de discernement par rapport aux situations particulières dans lesquelles elle est « incarnée, plus en phase, localement, avec la culture des différents « peuples » qui la constituent. Cette démarche « synodale », plus « décentrée », entreprise par le Pape François a provoqué des réactions à l’intérieur de l’Église elle-même et a contribué à diviser les chrétiens. Pourtant cet effort du Pape François me paraît essentiel pour que l’Église puisse dialoguer avec le monde contemporain. Son successeur aura beaucoup à faire pour renforcer l’unité de l’Église mais j’espère de toute mes forces qu’il ne rebroussera pas le chemin entrepris par François, car le monde a besoin d’une Église qui soit signe d’espérance, par sa pauvreté, par sa simplicité, par son accueil de toute personne, par sa capacité de dialogue avec toutes les religions et les cultures, par le respect de toute la création, par une gouvernance collégiale visant le bien commun.

Catégorie : Eglise Belgique

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