Retrouvez le commentaire de l’évangile de la Solennité du Saint-Sacrement par le père Eric Vollen, sj: « Devenons ce que nous recevons »


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Retrouvez le commentaire de l’évangile de la Solennité du Saint-Sacrement par le père Eric Vollen, sj: « Devenons ce que nous recevons »
Par Père Eric Vollen, sj
Publié le - Modifié le
3 min

Saviez-vous que la fête du "Saint Sacrement du corps et du Sang du Christ" connue aussi sous le nom populaire de "Fête-Dieu" trouve son origine dans la vie de sainte Julienne, une religieuse du monastère du mont Cornillon, près de Liège? Elle fut gratifiée de visions, entre 1208 et 1210, la mandatant pour que fût instaurée une fête spéciale dédiée à la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Quelques années plus tard, cette fête fut effectivement célébrée dans le diocèse de Liège. En 1264, elle fit très vite tache d’huile dans l’Eglise universelle. Elle trouve son origine dans ce passage des évangiles où Jésus lui-même offrira sa vie. L’évangile de la fête nous rappelle le fondement judaïque de l’eucharistie chrétienne. Elle trouve son origine dans la Pâque juive. Jésus a voulu la reprendre à son compte pour signifier le sens profond de sa mission.

L’origine juive de la fête… Au départ, il s’agissait d’une fête pastorale, les premiers nés des troupeaux d’ovins, devient une fête agraire, la première récolte au printemps. Elle a reçu ensuite une signification historique, en tant que commémoration de la sortie d’Egypte. Il s’agissait de relire le passé, ce temps où le peuple a quitté une terre d’esclavage, de péché, d’idolâtrie, de mort, pour entrer dans la Terre Promise par Dieu, terre où l’homme, grâce à l’Alliance divine, est libéré des lois des hommes et peut vivre la vraie vie en Dieu.

Voici mon corps, voici mon sang… Concrètement, à l’époque de Jésus, le repas s’ouvrait par la bénédiction d’une première coupe de vin, chacun se passant la coupe en signe de communion. Après deux plats de légumes et d’agneau, ils lisaient le récit de la sortie d’Egypte. Et c’est sans doute là que Jésus, comme président de la table, en fait le commentaire actualisé. Il y aurait fait le lien avec sa passion qu’il savait proche. On boit ensuite une seconde coupe de vin. Après cette liturgie de la Parole, le Président de table bénit le pain, le rompt, le trempe dans le sel, en signe de pérennité du lien et le distribue aux invités. Ce fut sûrement le geste fort de sens de Jésus rompant le pain: "Prenez, ceci est mon corps." Après une troisième coupe, le repas se termine par une quatrième. Les paroles de Jésus sur "sa" coupe se situeraient sans doute ici: "Prenez, ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude." C’est ainsi toute l’histoire sainte qui est réassumée par le Christ. Le sacrifice du Christ devient Nouvelle Alliance.

Tous invités au banquet des noces… Au banquet des noces de l’Alliance, nous sommes tous invités sans condition. Le Christ se donne en nourriture, et nous nous donnons à lui. Un bout de pain, signe concret de notre quotidien d’être humain. C’est ainsi que Dieu se manifeste dans notre réalité humaine. Il prend chair pour vivre avec nous notre condition humaine. Le Christ qui vient en nous, c’est notre vie qui se tourne vers la Vie, celle qui donne sens aux actes que nous posons. Et qui ressuscite nos vies. Devenons ce que nous recevons, le corps du Christ! En acceptant que Dieu entre dans nos vies, soyons ce bout de pain partagé au nom de Dieu qui offre à tous la Vie en abondance.


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