Pape François: « Voyager n’est plus aussi facile qu’avant »


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Pape François: « Voyager n’est plus aussi facile qu’avant »
Évoquant les prochains voyages
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le
4 min

Respectant la tradition, le pape François a profité du voyage retour de sa visite en Mongolie pour répondre aux journalistes qui l'accompagnaient.  

Évoquant les prochains voyages, le pape François a seulement cité Marseille – les 22-23 septembre prochains – et un déplacement futur dans "un petit pays de l’Europe" - (c) Vatican Media

Les voyages apostoliques ne donnent aucune occasion aux journalistes d'interroger le pape. Sauf lorsque ce dernier s'en revient à Rome: une conférence de presse s'improvise alors dans l'avion du retour. François n'a pas dérogé à cette tradition en rentrant de Mongolie. Répondant, pendant quarante minutes, à des questions aussi nombreuses que diverses.

La mystique de la troisième frontière

Le souverain pontife est notamment revenu sur le sens qu’il donnait à ce voyage en Mongolie. Au-delà d'une visite à la petite communauté catholique (1.500 fidèles) de ce pays, ce fut pour lui une rencontre avec la mystique d’un peuple. La mystique de Mongolie, a-t-il affirmé, est une "mystique de la troisième frontière", en faisant référence à la politique du même nom, par laquelle ce pays, bloqué entre la Russie et la Chine, tente de se désenclaver en nouant des partenariats avec d’autres pays. Et pour François, cette mystique est une conséquence du "désir d’universalité" des Mongols. Le pape a aussi salué le processus d’inculturation à l’œuvre, qui, contrairement à la "colonisation religieuse", respecte la culture locale.

De la Mongolie à la Chine, il n'y a qu'un grand pas. François a donc aussi évoqué l’état des relations entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, parlant de rapports "en chemin", citant le travail de la commission pour la nomination des évêques (issue de l’accord pastoral signé en 2018), ou encore les invitations de prêtres et d’intellectuels catholiques "à enseigner en Chine". "Je crois que nous devons aller plus de l’avant dans l’aspect religieux", a-t-il cependant affirmé. Et ce afin d’éviter de laisser croire "aux citoyens chinois que l’Église n’accepte pas leurs propres cultures ou leurs propres valeurs" ou encore qu’elle "dépend d’une autre puissance étrangère".

"Secret synodal" en octobre

Concernant l’assemblée synodale d’octobre prochain, le pape a annoncé que les échanges entre les groupes de travail ne seraient pas ouverts à la presse, et qu’ils seraient couverts par un "secret synodal". L'information ne filtrerait que via une commission pour les médias, dirigée par l’actuel préfet du dicastère pour la Communication, l’Italien Paolo Ruffini. Le but de ce dispositif serait de préserver le climat synodal, la liberté de parole des participants et la religiosité du processus. Le Synode, a rappelé François, n’est "pas un programme télévisé où l’on parle de tout". Et "il n’y aura pas de place pour l’idéologie" a-t-il poursuivi. Pour autant, il ne faudra pas avoir peur de se "confronter entre frères et sœurs, sur la doctrine", a-t-il souligné, parce que la doctrine "scandalise" toujours, au contraire de l’idéologie qui est "distillée" et donc ne "scandalise pas".

Pas d’apologie de l’impérialisme russe

Revenant sur la polémique suscitée par sa référence à la «grande Russie» et à Catherine II et Pierre le Grand lors d’une visioconférence avec des jeunes catholiques russes peu avant son voyage en Mongolie, le pape a souhaité remettre ses déclarations dans leur contexte. Il a demandé aux jeunes d’"assumer leur héritage", a-t-il explicité, tout en assurant qu’il "n’a pas pensé à l’impérialisme en disant ça". Pour François, mélomane et grand lecteur de Dostoïevski, la mention de la "grande Russie" faisait référence à l’héritage "très beau" et "chargé d’humanisme" de ce pays, notamment dans le domaine des lettres ou de la musique. Cette culture "ne peut pas être 'cancelée' pour des problèmes politiques", a-t-il encore précisé.

Des voyages de plus en plus difficiles

Évoquant les prochains voyages, le pape François a seulement cité Marseille – les 22-23 septembre prochains – et un déplacement futur dans "un petit pays de l’Europe", peut-être le Kosovo. Le pape n’a pas reparlé d'une visite en Argentine, son pays natal, où le populiste Javier Milei, violemment hostile à l’Église, est en position de remporter l’élection présidentielle en octobre prochain. "Faire des voyages n’est pas facile comme au début", a-t-il admis, évoquant notamment sa difficulté à marcher.

Pour le pontife, il y aura "sûrement" un voyage au Vietnam dans les années à venir, même s’il envisage qu’il puisse être effectué par "Jean XXIV" – le nom qu’il imagine pour son successeur…

P.G. (avec cath.ch)

Catégorie : Eglise monde

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