Vincent Van Quickenborne : « L’Exécutif des Musulmans ne peut plus être un interlocuteur »


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Vincent Van Quickenborne : « L’Exécutif des Musulmans ne peut plus être un interlocuteur »
Natalie Behring, CC BY-SA 2.0
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Invité ce matin sur les ondes de Radio 1, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, a déclaré avoir "entamé une procédure de retrait de reconnaissance de l'Exécutif des Musulmans". L'Exécutif ne comprend pas la décision et souhaite que "le ministre de la Justice respecte les principes constitutionnels de notre pays."

Vincent Van Quickenborne
Vincent Van Quickenborne © Natalie Behring, CC BY-SA 2.0

Ce matin, Vincent Van Quickenborne (OpenVLD) était l'invité de l'émission "De ochtend" sur Radio 1. Le ministre de la Justice a notamment été interrogé sur l'Exécutif des Musulmans. L'organe représentant les musulmans de Belgique est depuis plusieurs mois dans le viseur des autorités pour des soupçons d'ingérences étrangères et un manque de transparence dans son fonctionnement interne.

D'emblée, le ministre courtaisien annonce avoir "entamé la procédure de retrait de reconnaissance de l'Exécutif des Musulmans". "Cela signifie concrètement que nous arrêterons de subsidier cet organe (600 000 € de subsides par an, NDLR) et que leur rôle d'interlocuteur s'achèvera là." Vincent Van Quickenborne rappelle avoir mis l'Exécutif deux fois en demeure, en juillet et en octobre derniers. "Cela fait deux ans qu'ils auraient dû se renouveler. Et si vous vous penchez sur le plan de réforme qu'ils viennent de proposer, on constate qu'il est rempli d'occasions manquées et que c'est en fait un pas en arrière par rapport à l'Exécutif actuel."

"Un organe pas représentatif de tous les musulmans"

D'après le ministre de la Justice, le plan de réforme proposé par l'Exécutif empêcherait toute nomination d'experts étrangers, de jeunes non liés à une mosquée, ou de membres cooptés issus d'autres sections de l'islam. Tout ce que permettait pourtant l'organe, dans son fonctionnement actuel. "Les gens partent toujours de l'ethnicité, et ça c'est un gros problème. Il faut appartenir à un certain pilier, comme la communauté marocaine ou turque, pour être élu. Cela ouvre la porte à l'ingérence étrangère".

Le vice-premier ministre confesse que, dès son premier jour de mandat, il a constaté que cet organe n'était "pas représentatif de tous les musulmans de notre pays". Mercredi, à la Chambre, il avait eu des mots encore plus durs envers l'Exécutif : "Je ne vois guère le renouveau et la professionnalisation espérés et je regrette que la communauté musulmane soit tenue en laisse depuis des mois par son organe soi-disant représentatif".

Si l'Exécutif des Musulmans est privé de sa reconnaissance, cela ne veut pas nécessairement dire qu'il n'y aura plus de nomination de professeurs de religion musulmane ou que plus aucune mosquée ne sera reconnue. "Les entités fédérées resteront toujours compétentes pour reconnaître des mosquées sur base individuelle." souligne Vincent Van Quickenborne.

Communiqué de l'Exécutif des Musulmans de Belgique.

En fin d'après-midi, vers 17h, l'EMB a publié un communiqué officiel afin de réagir aux propos du ministre de la Justice tenus ce matin à la radio.

"A notre grande surprise et à notre grand regret, nous avons pris connaissance par voie de presse de l'intention du Ministre de la Justice de priver l'Exécutif des Musulmans de Belgique de sa reconnaissance.Nous ne comprenons pas cette décision.L'Exécutif regrette également qu'un dialogue serein avec le Ministre n'a pu être possible. [...] Notre processus de renouvellement est en cours et nous continuons notre travail pour le réaliser au plus vite. L'Exécutif souhaite également que le Ministre de la Justice respecte l'Etat de droit et les principes constitutionnels de notre pays."

C. L. (avec VRT NWS)

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