Ce dimanche 16 janvier, 20.000 personnes (5.000 selon les autorités) ont défilé dans Paris pour défendre la vie humaine naissante. Mais ces militants pro-vie, note le quotidien La Croix, sont toujours en quête d'un représentant politique pour les présidentielles qui arrivent dans trois mois.
Pour cette quinzième marche pour la Vie, les organisations anti-avortement entendaient dénoncer "l'acharnement politique contre la vie humaine". En ligne de mire, la loi "Gaillot" présentée en seconde lecture à l'Assemblée nationale le 30 novembre 2021, qui contient notamment :
- L’allongement des délais légaux d’accès à l’avortement de douze à quatorze semaines,
- L’allongement des délais légaux d’IVG à domicile de 5 à 7 semaines de grossesse,
- La pratique de l’IVG chirurgicale par les sages-femmes jusqu’à 10 semaines de grossesse,
- La suppression du dernier délai de réflexion de 48 heures entre les deux consultations d’IVG pour les mineures.
Parmi les militants: des couples, des familles, des grands-parents, des religieux mais aussi de nombreux jeunes qui s'interrogent sur l'agenda politique qui fait passer cette loi dans une relative discrétion médiatique en raison de la crise sanitaire qui occupe l'essentiel des titres de journaux. "Cet allongement du délai doit alerter tout le monde", témoigne Thomas, 23 ans, dans le Figaro. Nicolas Tardy-Joubert, président de la marche, avance le chiffre de 220.000 avortements en France en 2020 contre 100.000 en Allemagne ou en Italie. "Il est indispensable de réduire la peine et le drame que constituent ces avortements de masse, de protéger la femme qui est trop souvent victime d’une pression sociale, médicale, économique" plaide Nicolas Tardy-Joubert.
Qui pour défendre les vies naissantes aux prochaines présidentielles?
Dans La Croix, Serge - chef d'entreprise, comme d'autres militants, observe « Aujourd’hui, nous ne sommes pas représentés ». Dans l'entourage politique d'Eric Zemmour, Jean-Frédéric Poisson (président de Via) défend ces valeurs. Mais le candidat à la présidentielle, lui, "considère que l'avortement est un droit fondamental", remarque une des cadres de la Marche pour la Vie. Elle poursuit en remarquant que "Marine Le Pen annonce qu’elle va faire des propositions sur la famille, mais on n’en voit pas la couleur." Dès lors, vers qui se tourner lors des prochaines présidentielles pour représenter les "pro-vie", la question reste en suspens. Les organisateurs lancent toutefois un appel aux candidats avec une série de propositions dont "la réalisation d'une étude publique sur l’IVG, pour mieux comprendre les causes et les conséquences de l’avortement; la mise en place d'une politique familiale pour combattre la précarité et accompagner tous les parents pour que l’IVG ne soit jamais un choix réalisé pour des raisons économiques; défendre le droit absolu à l’objection de conscience des personnels de santé et protéger la clause de conscience spécifique ou encore rendre obligatoire, dès la sixième semaine de grossesse, une échographie qui permette d’entendre battre le cœur du fœtus".
MV

