Est-ce qu’une conversion peut changer une vie? Comment? Ahmed et Thomas ont connu des parcours différents qui les ont conduits, à l’âge adulte, à (re)découvrir la foi chrétienne. Ils ont accepté de nous parler de ce cheminement, en toute franchise.
Ahmed Yetrib et Thomas Remy sont tous deux professeurs de religion et férus de théologie. Et rien ne semblait les prédestiner à une telle carrière puisque tous deux se sont convertis au christianisme à l’âge adulte, après avoir connu des parcours accidentés. Ils se livrent en toute transparence et humilité, sur leur conversion, et comment elle a transformé leur vie.

Dans quel milieu familial avez-vous grandi?
Thomas: Ma famille est issue de la classe moyenne, incroyante, où les questions philosophiques n’avaient pas beaucoup d’intérêt. On n’en parlait pas. La seule éducation religieuse que j’ai eue, c’est d’entendre que le pape était un "vieux con pédophile". C’est la seule image de l’Eglise que j’ai reçue enfant. J’ai été baptisé par pure tradition, parce que tout le monde le faisait, pour faire une grande réunion familiale. Je me souviens que ma grand-mère paternelle disait qu’elle s’ennuyait beaucoup à la messe, elle a donc très vite rejeté l’Eglise à l’âge adulte. Tout l’inverse de ma grand-mère maternelle dévote qui priait beaucoup saint Antoine, ma mère disait qu’elle était folle. On m’a inscrit au catéchisme mais je n’ai pas du tout aimé et j’ai arrêté après la première séance.
Ahmed: Pour ma part, ma famille est également issue de la classe moyenne. Je n’ai pas connu mon père. J’ai vécu avec ma mère et ma petite sœur. Ma maman était très croyante avec beaucoup d’évidences. Mais ces évidences pour elle ne l’étaient pas pour moi. Les réponses que l’on m’apportait à la maison ou à la mosquée ne me satisfaisaient pas. Mais je devais me contenter de cela et de ce que me racontaient les pères de mes amis. Je n’ai jamais été un musulman convaincu.
Propos recueillis par Sophie DELHALLE
