Grand entretien – Abbé Alain Goffinet : « Quand ils ont besoin d’un rashaï, ils me téléphonent »


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Grand entretien – Abbé Alain Goffinet : « Quand ils ont besoin d’un rashaï, ils me téléphonent »
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Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

La mission d’Alain Goffinet est peu ordinaire, à la mesure de sa stature et de son engagement enthousiaste auprès de la pastorale des forains pour la communauté francophone.

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C’est à la demande des évêques de Belgique que le Bruxellois est devenu aumônier des forains, un milieu découvert à l’occasion de sa nomination pour un premier mandat de trois ans en 2010. "On dit que les premiers prêtres qui se sont occupés des gens du voyage, ce sont les capucins d’Anvers. Aujourd’hui encore, c’est un capucin de 93 ans qui est l’aumônier des forains néerlandophones. Ce n’est que depuis quelques dizaines d’années que la mission des forains et des gens du voyage est entrée dans la mission diocésaine."

Le fait d’être musicien a aidé l’abbé à s’intégrer pleinement parmi les forains, puisqu’il a notamment rejoint leur fanfare en compagnie de son saxophone. L’homme se dit attiré par tout ce qui est festif, au point d’avoir osé changer de vocation. Car avant d’être séminariste, puis ordonné prêtre, Alain Goffinet a été religieux. "J’étais heureux dans ma famille assomptionniste, mais s’il y avait quelque chose qui me manquait, c’était de pouvoir vivre avec les gens et de faire la fête avec eux. Une communauté religieuse est un lieu un peu plus fermé. Or, j’ai toujours eu ce désir de partager les joies et les peines de ceux vers qui je vais." En Wallonie, on estime à 2.000 familles celles qui appartiennent au milieu des forains, tandis que 1.850 familles comptent au nombre des gens du voyage non forains.

D’où vient l’idée d’une aumônerie spécifique?

Comme dans beaucoup de milieux particuliers – l’armée, les hôpitaux, les prisons – l’Eglise a toujours souhaité avoir des prêtres qui connaissent davantage le milieu dans lequel les gens vivent. Le monde des forains reste un peu à part dans notre société, même si ceux-ci sont de plus en plus sédentarisés. Certains vivent pendant un mois en dehors de leur domicile; ils sont sur la foire avec leur voiture de ménage. De mai à octobre-novembre, c’est le grand rush des foires en Wallonie. Si l’on souhaite développer une vie religieuse, c’est plus aisé pendant les mois d’hiver. Je pense aux communions et aux baptêmes. On ne peut pas inviter les forains à venir à une messe le dimanche, puisque c’est le jour où ils travaillent le plus! Si l’on veut garder ce monde dans une certaine vie ecclésiale, il faut quelque chose d’adapté à eux.

Propos recueillis par Manu VAN LIER et Angélique TASIAUX

Catégorie : Eglise Belgique

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