
La réforme des rythmes scolaires impacte de nombreux secteurs dont l'extrascolaire
La Belgique changerait son calendrier scolaire dès la rentrée 2022. Or cette réforme touche plusieurs secteurs de la société, tous interreliés. Si elle vise à améliorer les apprentissages et le bien-être des élèves, les représentants des mouvements de jeunesse rappellent que ces deux aspects se développent aussi en extrascolaire. Ils veulent donc prendre part aux décisions.
Surpris par la décision, prise par la ministre de l’éducation Caroline Désir, d'appliquer la réformer du rythme scolaire dès 2022, les cinq mouvements de jeunesse francophones (Les Scouts, les Guides, le Patro, les Scouts pluralistes et les Faucons rouges) lui rappellent les enjeux et l'impact sociétal de ce projet de grande envergure. Selon les représentants de la jeunesse il serait important de prévoir suffisamment de temps pour décortiquer les zones d’ombre du projet de réforme.
Les cinq organisations expliquent les raisons de leur inquiétude: "Si les objectifs de la réforme des rythmes scolaires et les scénarios envisagés sont loin d’être nouveaux, l’emballement soudain du processus politique a de quoi surprendre. C’est en effet avec étonnement et inquiétude que nous voyons le calendrier des travaux préparatoires s’accélérer au niveau du cabinet de madame Désir, en vue d’une validation de la réforme courant du printemps, le tout pour une mise en œuvre à l’horizon de la rentrée 2022. C’est pourquoi nous interpellons aujourd’hui madame Désir: il nous est impossible de soutenir le projet dans les conditions actuelles, notamment en l'absence de proposition claire sur la manière d'absorber les différents risques identifiés."
Prendre en compte l'éducation informelle
Connaissant bien ces enjeux et les difficultés des jeunes, les mouvements de jeunesse francophones désirent que le gouvernement de la communauté française prenne en compte leur point de vue, avant de mettre définitivement le projet en route. Ils considèrent en effet qu'ils représentent une part considérable du secteur de la jeunesse et de l’éducation non formelle: "Pourtant, nous ne savons rien ou presque de la proposition élaborée actuellement par la Ministre de l’Enseignement. Notre volonté n’est pas d’empêcher une réforme qui serait bénéfique aux jeunes, bien au contraire, mais, en tant que représentants de plus de 110.000 jeunes et bénévoles, il est de notre devoir de nous assurer qu’au vu de l’ampleur du chantier, le projet soit minutieusement préparé, planifié et budgétisé pour atteindre ses objectifs."
Le secteur de la jeunesse n'est pas resté les bras croisés. Cela fait plus d’un an qu'il a réalisé une analyse de fond de cette réforme, sur la base de l’étude de faisabilité réalisée par la Fondation Roi Baudouin (FRB) publiée en septembre 2018. Celle-ci fait état de trois conditions sine qua non pour rendre le projet de réforme acceptable par tous les secteurs impactés : elle doit se faire de manière concertée, en repensant également l’offre extrascolaire (stages, crèches, académies, …) et en s'alignant avec les autres agendas (parmi lesquels l’organisation des stages et des camps).
Si les raisons de ce changement de rythme visent a priori de favoriser l'apprentissage et de rétablir un certain bien-être malmené par un système inadapté, il est évident que de nombreux secteurs et domaines seront impactés. Les mouvements de jeunesse relèvent donc trois besoins essentiels à prendre en compte: la nécessité de budgétiser le projet et de revoir l’organisation et la subsidiation de l’offre extrascolaire ; l'importance de prévoir un délai suffisant (deux ans selon l’étude) entre l’annonce de la réforme et sa mise en œuvre ; et l'obligation d'articuler voire aligner la réforme des rythmes du primaire et du secondaire à celle de l’enseignement supérieur et des autres communautés linguistiques.
Préparer le projet tous ensemble
Soucieux de prendre une part active à cette réforme Les mouvements de jeunesse ont identifié les risques et opportunités pour leur secteur, et les pistes d’actions concrètes permettant de limiter les impacts négatifs pour les jeunes. Ils souhaitent donc être des acteurs à part entière de la réflexion. Ils notent par ailleurs qu'une "telle réforme conduira à une nouvelle période d’instabilité et d’adaptation majeure, à un moment où la société, et notre jeunesse en particulier, aurait probablement plus que jamais besoin de retrouver stabilité et repères". Les mouvements de jeunesse demandent donc au gouvernement de prendre en compte tout le travail réalisé et "de faire une proposition claire, assortie d’engagements fermes, avant de concrétiser son projet". Affaire à suivre!
MARIAM TRAORE (stagiaire)/NG
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