Épiphanie : voir et transmettre la lumière du Christ


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Épiphanie : voir et transmettre la lumière du Christ
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

En suivant l'étoile lumineuse, arrivés à Bethléem, les mages venus de différents horizons, ont vu au-delà des apparences. Illuminés par cette bonne nouvelle, ils sont repartis avec un trésor bien plus grand, à diffuser dans le monde entier. Voici, en substance, les messages que le Pape François relève en cette fête de l'Epiphanie.

À l’exemple des Mages, le souverain pontife invite d'abord à se laisser "instruire par le cheminement de la vie, marqué par les difficultés inévitables du voyage". En effet, "la vie n’est pas une démonstration d’habileté, mais un voyage vers Celui qui nous aime […]: en regardant vers le Seigneur, nous trouverons la force pour progresser avec une joie renouvelée", exprime-t-il. "Il ne s’agit donc pas de passer sa vie à regarder la carte des vertus que nous possédons mais de revenir sans cesse au Seigneur."

Le Pape présente l'adoration comme un exercice qui n'est "ni facile ni immédiat" et exige même une maturité spirituelle. L’attitude d’adoration des Mages, souligne-t-il, "doit conduire chacun à voir au-delà du voile du visible, qui souvent se révèle trompeur". Devant ce tout petit enfant, les Mages ont su voir la présence d’un souverain, à l’inverse d’Hérode qui n’a pas su poser un tel regard.

Par ailleurs, l'adoration permet de se décentrer et de lever les yeux vers Dieu pour "ne pas se laisser emprisonner par les fantasmes intérieurs qui éteignent l’espérance, et ne pas faire des problèmes et des difficultés le centre de l’existence." François propose ainsi de voir en l'adoration "une invitation à mettre de côté la fatigue et les plaintes, à sortir des exiguïtés d’une vision étroite, à se libérer de la dictature du moi, toujours enclin à se replier sur soi-même et sur ses propres préoccupations." Un tel comportement ne revient nullement à nier la réalité mais consiste plutôt à "regarder d’une manière nouvelle les problèmes" en sachant que le Seigneur écoute nos invocations et n'est pas indifférent. Bref, l'adoration permet d'ouvrir le cœur et évite de se laisser envahir par la peur, le désarroi, l'angoisse et la dépression. vingt siècles plus tard, François nous invite donc à aller "à l'école des Mages" pour nous prosterner et adorer le Seigneur.

Voir au-delà des apparences

Du temps des Rois Mages, l'adoration était réservée aux souverains et aux grands dignitaires mais ils se sont prosternés devant le pauvre enfant Jésus, sachant reconnaître en lui un souverain. "Ils ont été capables de voir au-delà de l'apparence", explique François. "Ils ont exprimé une adoration qui était avant tout intérieure; l’ouverture des coffrets apportés en dons fut un signe de l’offrande de leurs cœurs".

Pour le souverain pontife, "les Mages sont porteurs d'un réalisme théologal qui perçoit avec objectivité la réalité des choses, en parvenant finalement à la compréhension que Dieu fuit toute ostentation. [...] Nous adorons le Seigneur souvent caché dans des situations simples, dans des personnes humbles et exclues", précise François qui ne manque pas une occasion de rappeler d'être attentifs aux petits et aux pauvres.

Et rayonner à son tour

L'épiphanie, nous dit Wikipédia, est la compréhension soudaine de l'essence ou de la signification de quelque chose. A l'occasion de cette fête, le Pape tient à rappeler le sens premier du mot: il s'agit d'une prise de conscience soudaine et lumineuse de la nature profonde de Jésus par qui le Seigneur s'est manifesté à toutes les nations. La venue des Rois Mages exprime le fait que "le salut accompli par le Christ ne connaît pas de frontières, c’est pour tout le monde". Jésus dira plus tard qu'on ne garde pas une lampe sous le boisseau, François invite donc à transmettre à tous les peuples la lumière du Christ, non pas par prosélytisme mais par le témoignage de vie et de foi.

Citant les mots d’Isaïe dans la Première Lecture du jour ("les ténèbres s'étendent sur la terre et l'obscurité sur les peuples") en écho à notre situation actuelle, François relève que "dans cet horizon, le prophète annonce la lumière: la lumière donnée par Dieu à Jérusalem et destinée à éclairer le chemin de toutes les nations. Assurément, les ténèbres sont présentes et menaçantes dans la vie de chacun et dans l’histoire de l’humanité, mais la lumière de Dieu est plus puissante".

La lumière du Christ ne se diffuse pas "à travers les puissants moyens des empires de ce monde, qui cherchent toujours à s’en accaparer par la domination", mais "avec la même “méthode” choisie par Dieu pour venir parmi nous, par l’incarnation, c’est-à-dire se faire proche de l’autre, le rencontrer, assumer sa réalité. Ce n’est qu’ainsi que la lumière de Dieu, qui est Amour, peut resplendir chez ceux qui l’accueillent et en attirer d’autres.»

Les chrétiens sont donc invités à "accueillir cette lumière en soi, de l’accueillir toujours davantage. Malheur si nous pensons la posséder, devoir seulement la 'gérer'! Nous aussi, comme les Rois Mages, nous sommes appelés à nous laisser toujours fasciner, attirer, guider, illuminer et convertir par le Christ: c’est le chemin de la foi, à travers la prière et la contemplation des œuvres de Dieu, qui sans cesse nous remplissent d’une joie et d’un émerveillement toujours nouveau», conclut François.

Le rayonnement de cette Bonne Nouvelle est la continuité du message de Noël. Le chemin n'est pas (ou jamais) fini et les chrétiens sont invités à reprendre la route.

NG (avec autres médias)

Catégorie : Eglise monde

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