La Conférence des évêques de France (CEF) est satisfaite de la nouvelle jauge pour les célébrations religieuses annoncée ce mercredi par le ministre de l’Intérieur. Bien que contraignante, cette mesure proportionnée à la taille des édifices, est réaliste et applicable.
C’était une demande pressante de l’épiscopat français: réévaluer la jauge des personnes autorisées à assister aux cérémonies religieuses. Le Conseil d’État lui avait donné raison, suspendant les mesures prises par le gouvernement qui fixait la limite à trente personnes, quel que soit le lieu. Les discussions entre le ministère de l’Intérieur et les représentants des différents cultes, qui ont suivi l’arrêt de la plus haute juridiction administrative française à partir de dimanche, ont donc abouti à de nouvelles mesures.
La CEF estime que cette mesure proportionnée à la capacité d’accueil des édifices, est réaliste et applicable. Elle impose de laisser libres deux sièges entre chaque personne ou entité familiale et de n’occuper qu’une rangée sur deux. La CEF se réjouit que se renoue un dialogue constructif avec les pouvoirs publics, indique un communiqué. Elle attend maintenant, à la lecture des données sanitaires, l’éventuelle évaluation de cette jauge à partir du 15 décembre.
Genève : l'interdiction des célébrations contestée en justice

Un groupe de citoyens conteste l'interdiction des services religieux. CCO_Pixabay_2020
A Genève en revanche, rien n'est encore acquis. Un groupe de citoyens genevois a déposé le 2 décembre 2020 un recours devant la Chambre constitutionnelle cantonale contre l’interdiction des services religieux imposée dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. A l'instar du débat français, ils dénoncent une mesure disproportionnée et discriminatoire et réclament l'application de la jauge fédérale avec une participation de 50 personnes.
Emmenés par l'avocat Steve Adler et soutenus par l’ONG de défense des chrétiens persécutés, ADF International, les plaignants contestent la mesure genevoise pour sa dimension disproportionnée, rapporte la Tribune de Genève. Ils ne rejettent pas pour autant les mesures sanitaires. Leur demande porte sur une mesure provisionnelle, de réouverture immédiate des lieux de culte, avec une limitation à 50 personnes et en respectant les gestes barrières, indique Steve Alder.
Aucun assouplissement en matière de cultes ne figurait en effet à l’ordre du jour du Conseil d’État lors de sa conférence de presse hebdomadaire du 2 décembre. Le conseiller d’État Mauro Poggia a bien reconnu le caractère «délicat» de la question, mais aussi la nécessité de ne pas recréer de nouveaux foyers épidémiques dans des lieux où la proximité entre les personnes est importante. En l’état, l’annulation des services religieux resterait en vigueur après le 10 décembre, date de réouverture des bars et restaurants.
Selon les recourants, la Chambre constitutionnelle est entrée en matière et devrait rendre sa décision finale d’ici à la fin de la semaine.
SP avec cath.ch et VaticanNews
