
Le pape rêve d'une Union européenne solidaire à tous_CC Pixabay
Il y a quelques jours, à l'occasion du 50e anniversaire de la coopération entre le Saint-Siège et les institutions européennes, le pape adressait une lettre à l'Europe. Il y exprime ses rêves et sa confiance dans la force de l'union européenne. Par ailleurs, la COMECE fête son 40e anniversaire et, à cette occasion, elle devait accueillir à Bruxelles le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté. En raison des mesures sanitaires, la rencontre s'est faite en mode virtuel.
Une chose est sûre, la Commission des conférences épiscopales de l'Union européenne - en abrégé COMECE - a apprécié la lettre du pape et a tenu à mettre des défis soulevés par celle-ci dans l'ordre du jour de son assemblée plénière automnale qui se déroule ces 28 et 29 octobre. Ainsi, les évêques délégués de la COMECE réfléchissent à des initiatives pour aider l'Union européenne (UE) à se relever de la pandémie grâce à une justice écologique, sociale et contributive, tout en renforçant la protection des pauvres et des plus vulnérables.
Ceci dit, quel est le contenu de la lettre du pape?
Il affirme tout d'abord sa certitude "que l’Europe a encore beaucoup à donner au monde" et il souhaite qu'elle continue à jouer un rôle dans l'histoire de l'humanité, "mais avec des accents en plus".
Riches de nos différences
Le pape insiste pour ne plus se pencher sur les divisions du passé et à bien se tourner vers l'avenir. Il écrit donc: "Une Europe communauté, solidaire et fraternelle, saura au contraire tirer profit des différences et de la contribution de chacun pour affronter ensemble les questions qui l’attendent, à partir de la pandémie, mais aussi du défi écologique, qui ne concerne pas seulement la protection des ressources naturelles et la qualité de l’environnement que nous habitons. Il s’agit de choisir entre un modèle de vie qui écarte hommes et choses et un modèle inclusif qui valorise la création et les créatures."
François encourage donc à promouvoir l'unité, la solidarité et la fraternité face aux signes de recul que l'on relève malheureusement actuellement. Pour lui, la lutte contre la pandémie de Covid-19 montre que seule la collaboration peut être efficace et il nous demande de prendre cela comme un signal. Il cite par ailleurs les défis les plus pressants de l'Union européenne et soutient une "solidarité intelligente" et tournée autant vers le peuple européen que vers le monde, en particulier l'Afrique. "Je rêve d'une Europe de la solidarité et de la générosité et de la redécouverte du chemin de la fraternité qui a sans aucun doute inspiré et animé les fondateurs de l'Europe moderne."
Une Europe sainement laïque
"Je rêve d’une Europe sainement laïque, où Dieu et César soient distincts mais pas opposés. Une terre ouverte à la transcendance, où celui qui est croyant soit libre de professer publiquement sa foi et de proposer son point de vue dans la société. Les temps des confessionnalismes sont finis, mais – on l’espère – même le temps d’un certain laïcisme qui ferme les portes aux autres et surtout à Dieu, puisqu’il est évident qu’une culture ou un système politique qui ne respecte pas l’ouverture à la transcendance ne respecte pas convenablement la personne humaine." Dès lors, le souverain pontife appelle les chrétiens à leurs responsabilités: "comme le levain dans la pâte, ils sont appelés à réveiller la conscience de l’Europe, pour animer des processus qui produisent de nouveaux dynamismes dans la société. Je les exhorte donc à s’engager avec courage et détermination pour offrir leur contribution dans chaque domaine où ils vivent et travaillent."
La COMECE et les défis européens
À la lumière de ce nouveau message clair sur l'Europe, les membres de la COMECE appelés "à collaborer en esprit de communion fraternelle avec tous les évêques du continent, réunis dans le Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE)" se sont donc penchés sur certains de ces défis mentionnés par le Saint-Père. Entre autres, la prise en charge des membres les plus vulnérables de nos sociétés par des politiques sociales et économiques justes, des politiques de migration et d'asile et un développement humain durable.
Un autre point crucial à l'ordre du jour de cette assemblée est le rôle de l'Église dans l'UE en écho à l'appel du pape François à "une Europe sainement laïque".
Le cardinal Jean-Claude Hollerich SJ, président de la COMECE, se félicite des paroles du Pape François et les considère comme « un encouragement à continuer à travailler en dialogue avec les institutions de l'UE pour construire un monde meilleur reflétant les rêves de paix et de bien commun».
Nancy GOETHALS
La lettre du pape est à lire ici
