Covid-19 et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?


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Covid-19 et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

La fin progressive de la crise sanitaire est l'occasion de dresser un premier bilan de l'impact sociétal du confinement, en particulier sur les personnes âgées. Les personnes en maison de repos et atteintes par le Covid-19 ont-elles bénéficié de soins appropriés? Les demandes d'euthanasie dans cette catégorie de la population ont-elles augmenté au cours de cette période? Les réponses sont à nuancer.

Dans notre pays, les personnes âgées ont payé un lourd tribut à la crise du coronavirus, tant du point de vue des décès que de l'isolement. Au coeur de la tourmente, les maisons de repos se sont vu contraintes de couper leurs résidents de tout contact physique avec l'extérieur, en ce compris leurs proches.

Si un tel isolement s'est avéré nécessaire pour ralentir la propagation du virus, son impact sur le moral des résidents des maisons de repos et de soins a été très important. Le syndrome de glissement (décès par désespoir) est difficilement quantifiable mais non moins tangible. Plusieurs institutions n'ont alors pas hésité à parler d' "euthanasie passive", expression désignant le sacrifice dont auraient été l'objet les personnes âgées en maison de repos. L'absence quasi-systématique de prise en charge à l'hôpital des résidents malades aurait ainsi permis d'éviter l'engorgement des services de soins intensifs. L'absence de soins hospitaliers appropriés a conduit de nombreux résidents infectés par le COVID-19 à décéder en maison de repos. S'il est difficile, à l'heure actuelle, de mesurer l'impact et la pertinence de cette absence de prise en charge, la question devra être examinée.

Isolement et demande d'euthanasie

Autre question: quel impact cet isolement a-t-il eu sur les demandes d'euthanasie par des personnes âgées ? La réponse doit être nuancée.

A Turnhout, par exeple , le directeur de la maison de repos ‘De Wending' a fait part d'une augmentation des demandes d'euthanasie au sein de son institution depuis le début du confinement. Luc Op de Beeck explique cette augmentation par le fait que "la soif de vivre de ces résidents a disparu après deux mois passés sans la moindre visite physique". Outre les trois personnes ayant introduit une demande formelle d'euthanasie, le directeur estime que "de nombreux autres résidents y songent également, sans pour autant l'avoir exprimé". Ce dernier aspect n'est toutefois pas mesurable.

Au-delà de ce cas concret, il n'est aujourd'hui pas possible de conclure à une augmentation globale des demandes d'euthanasie en Belgique depuis le début de la crise sanitaire. D'aucuns évoquent par ailleurs la tendance à ce que soient reportées certaines demandes d'euthanasie formulées juste avant le confinement. Un tel report s'explique en partie par le désir des personnes de pouvoir ritualiser l'acte euthanasique, le cas échéant entourés de certains proches – chose quasi-impossible pendant le confinement.

Alors que le déconfinement est largement entamé, il est possible d'émettre l'hypothèse que le nombre d'euthanasie a baissé pendant la crise sanitaire, hypothèse qui devra bien sûr être confirmée. Cette possible baisse des euthanasies est peut-être le signe d'une volonté actuelle de la société de se battre davantage pour la protection de la vie des personnes fragiles.

Tendance passagère ou évolution durable ? Les prochains mois nous le diront peut-être, de même que les chiffres relatifs au nombre d'euthanasies déclarées pour l'année – et, plus encore, le printemps – 2020.

Source: Institut Européen de Bioéthique (IEB)

Catégorie : Belgique

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