Elle est copatronne de l’Europe depuis 1999. Sa vie est entourée de légendes et de mystères. Longtemps analphabète, elle a été déclarée docteur de l’Eglise par Paul VI. Le rayonnement de cette mystique italienne est aussi arrivé dans notre diocèse. Depuis 1968, dans la commune de Lontzen, un sanctuaire lui est dédié.
Le long de la route qui relie les villages de Walhorn et Hergenrath, à proximité de La Calamine et de Lontzen, au milieu d’une nature verdoyante, une petite chapelle assez moderne attire les promeneurs. Fondée en 1968 par Jean E. Wintgens, un homme d’affaire d’Eupen qui s’est réellement "converti" à la lecture de la vie et des œuvres de sainte Catherine, cette petite chapelle a été complétée d’une "maison de rencontre" une dizaine d’années plus tard.
"Pour le fondateur, cette maison, à proximité des frontières allemande et néerlandaise, devait aussi avoir une signification symbolique, comme lieu de réconciliation entre les anciens ennemis", explique la théologienne bruxelloise Chantal van der Plancke. En tant que responsable francophone de l’Association internationale des Caterinati, elle connaît bien Astenet. L’an dernier, aux Editions Nouvelle Cité, elle a publié, avec André Knockaert, prêtre jésuite, "Prier 15 jours avec Catherine de Sienne". Cette année apparaît déjà la quatrième édition de cet ouvrage traduit dans une dizaine de langues.
Conseillère de papes
Mais qui était cette sainte italienne, morte jeune, à 33 ans, l’âge du Christ? Catherine de Sienne est née en 1347 comme 24e (!) enfant d'un teinturier. "Après une vision du Christ à 6 ans, et alors que ses parents voulaient la marier à 12 ans, elle décide de donner sa vie à Dieu et reçoit l'habit des tertiaires dominicaines à 16 ans", précise Chantal van der Plancke. Vivant en communauté et travaillant au service des pauvres, la tradition nous rapporte qu’elle convertit les pécheurs les plus endurcis. A cette époque, l’Eglise souffrait de déchirements intérieurs, et le pape avait préféré se mettre sous la protection du roi de France que de risquer sa vie à Rome. Préoccupée par l'unité de l'Eglise, Catherine écrit au pape Grégoire XI pour le convaincre de quitter Avignon pour Rome. Elle a laissé plus d’une centaine de lettres ainsi qu'un "Dialogue" qui est encore de nos jours un des ouvrages les plus importants de la littérature italienne. Canonisée en 1461, elle est déclarée patronne de l’Italie en 1939 et docteur de l'Eglise en 1970 par Paul VI. En 1999, Jean-Paul II lui donne le titre de copatronne de l'Europe avec Brigitte de Suède et Edith Stein.
D'une vie intérieure extraordinaire, elle eut des disciples de toutes catégories sociales, jusqu’à nos jours. Mais le sanctuaire d’Astenet est menacé, comme nous l’explique Irmgard Wintgens-Beck d’Eupen, belle-fille du fondateur et actuelle présidente germanophone du mouvement: "Notre conseil d’administration vieillit, et nous cherchons désespérément du sang neuf, pour continuer l’œuvre et donner de la nourriture spirituelle aux nombreux visiteurs qui passent par la chapelle et le centre". Espérons que le message de la mystique italienne inspire encore les jeunes générations!
Ralph Schmeder
