Un nouveau président pour le CIPAR


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Un nouveau président pour le CIPAR
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
3 min

Le 29 janvier dernier, le CIPAR annonçait sur son site internet que Monseigneur Delville avait été choisi pour être son nouveau président. À cette occasion, l'évêque de Liège s'est confié sur les défis qui l'attendent dans cette nouvelle fonction.

Cette nomination est une demi-surprise puisque Mgr Delville assurait déjà le rôle d'évêque référendaire pour le CIPAR au sein de la Conférence des évêques de Belgique. L'art et l'histoire sont des thèmes qui préoccupent depuis toujours l'homme d'Eglise, historien de formation qui nous confie cette anecdote : "Quand j’avais vingt ans, je me rappelle avoir sauvé une chaire de vérité du XVIIe siècle, que le curé de mon village avait mise à la poubelle, dans les objets encombrants. Maintenant, elle sert d’ambon ! "

En terrain connu

Quand il fut nommé bibliothécaire au Séminaire de Liège, Jean-Pierre Delville, entouré de toute une équipe, entreprit à l'époque le classement du fond ancien, pour éviter de nouvelles pertes d'incunables (livres imprimés avant 1501), par négligence. "On a repéré ce qu’on avait perdu ; mais on a trouvé bien des livres précieux qu’on ignorait avoir et on a mis le tout à la disposition du public". Une expérience qui a donc préparé Mgr Delville à sa nouvelle fonction à la tête du CIPAR.

L'évêque liégeois rappelle que "notre foi chrétienne est ancrée dans un patrimoine culturel et spirituel qui remonte au moins à trois millénaires". Et de poursuivre : "Le mystère d’une parole de Dieu qui répond aux interrogations de l’homme sur son destin, sur le sens de sa vie et sur la gestion de la société est ancré dans une culture qui se développe de manière diversifiée, riche de contenu et incontournable".

"Oblitérer le passé, c’est s’aveugler pour l’avenir"

L'évêque de Liège en est conscient, "tout dans le patrimoine chrétien n’est pas de la même qualité "; et même dans la Bible, certaines pages sont devenues caduques par les progrès de la révélation. Pourtant, précise l'évêque, "on n’arrache pas les pages de la Bible qui ne sont plus d’actualité". Ainsi en est-il également des faits du passé que nous regrettons et que nous voudrions oublier. "Si on les garde en mémoire, ce n’est pas pour les sacraliser, c’est pour les interpréter avec discernement et nous orienter aujourd’hui grâce à eux".

De même, dans nos églises et nos sacristies, se trouvent mille objets qui ne sont plus tous d’actualité ni d’usage. Les garder, les classer, les comprendre, les utiliser à bon escient, les exposer, les admirer, tout cela permet de vivre mieux notre foi aujourd’hui, explique Mgr Delville. "Même quand une chose est devenue caduque à nos yeux, elle peut acquérir une nouvelle valeur aux yeux d’une autre génération. Et comme notre foi est incarnée, elle ne se dit pas et ne se célèbre pas sans un patrimoine religieux et culturel, matériel ou immatériel."

Mgr Delville plaide donc pour une sauvegarde éclairée et éclairante d'objets qui doivent être conservés pour être étudiés, expliqués et exploités d’une manière renouvelée. Aussi, la présence de ces objets peut être porteuse d’inspiration pour le vécu de notre foi et la renouveler, par le regard nouveau que nous portons sur ce qui est ancien.

S.D.

Source : CIPAR.be


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