L'Institut européen de bioéthique (IEB) s'est penche sur le dossier sensible de la procréation médicalement assistée (PMA). Il en a tiré un dossier assez complet.
L'IEB fait d'abord un constat: depuis 1978, année de la naissance du premier bébé né par fécondation in vitro, le nombre d’enfants conçus de cette manière s'est régulièrement accru pour atteindre 5,4 millions dans le monde entier. La grande majorité des traitements de PMA est réalisée en Europe. En 2014, il y a eu 707.171 cycles entrepris sur le continent, donnant lieu à 146.232 naissances.
Les techniques de procréation médicalement assistée se sont beaucoup développées depuis 40 ans en Belgique, pays pionnier dans la pratique, souligne l'IEB. En 2014, un peu moins de 34.000 cycles de PMA ont été entrepris, qui ont conduit à 5.774 naissances, soit 4,6% du total des naissances! D’après l’INAMI, la totalité des dépenses liées à la PMA aurait coûté à la sécurité sociale 72.969.000€ pour la seule année 2013.
A l'heure où la France se questionne sur la PMA pour toutes les femmes, ce nouveau dossier de l'IEB aborde différents aspects de la PMA: juridiques, économiques, éthiques et psychologiques. Il ne fait pas l'impasse sur des données sensibles tels que le nombre d'embryons détruits, donnés, congelés chaque année et aborde aussi l'aspect budgétaire et les coûts que représentent ces techniques de procréation.
Dans son dossier, l'Institut européen de bioethique rappelle qu'une des raisons de recourir à la PMA, est l’infertilité. Elle peut constituer une réelle souffrance chez les couples en attente d’enfant. En Europe, elle concerne un couple sur six, remarque l'IEB. Et de préciser que, selon lui, la plus grande cause d’infertilité résulte bien souvent du choix de retarder le moment où ils fonderont une famille.
"Les études de plus en plus longues, l’importance accordée à la carrière et le délai de réflexion qu’ils s’octroient avant de s’engager sont quelques unes des raisons. De fait, les femmes accouchent de plus en plus tardivement (âge moyen de 30 ans en 2015, selon Eurostat), trop tardivement peut-être, puisque l’on sait que la période la plus féconde se situe entre 18 et 30 ans. Et le fait de différer la maternité à un âge où la fécondité est moindre a naturellement comme conséquence un recours plus fréquent à la PMA", peut-on lire dans le dossier.
Cependant, notent les auteurs du dossier, d’autres facteurs entrent également en compte, comme les maladies ou dysfonctionnements d’ordre génital, l’augmentation de l’utilisation de la contraception, le mode de vie (malnutrition, stress, surcharge pondérale, tabac...), ainsi que les causes psychologiques liées à l’impatience de ne pas encore avoir d’enfant.
J.J.D.


