
Malgré la trêve en vigueur depuis février, de violents combats ont repris à Alep et dans sa périphérie, qui continuent d'opposer des groupes rebelles aux forces du régime syrien. Tandis que la diplomatie tente de rétablir le cessez-le-feu en Syrie, les évêques n'ont d'autres moyens que de lancer un nouvel appel à la paix.
Alep vit probablement ses pires heures depuis le début de la guerre en Syrie. Et c'est dans ce contexte tragique que les évêques catholiques d’Alep ont adressé un message à leurs fidèles via l’Œuvre d’Orient. "Nous lançons un cri aux consciences de ceux qui planifient et effectuent cette guerre", "Cela suffit! Pour l’amour de Dieu et par miséricorde pour les hommes", écrivent les évêques qui évoquent le "cri du sang des enfants et des martyrs qui monte vers Dieu" et "les larmes des mères en deuil".
Les évêques veulent offrir des paroles de consolation aux habitants de la ville syrienne meurtrie. En deux semaines, les violences ont repris de plus belle malgré la trêve en vigueur, faisant près de 300 victimes parmi les civils. "Nous sommes fils de la Résurrection, fils de l’Espérance et nous croyons fermement que ces souffrances ne seront pas perdues. A l’exemple des Saints et des Martyrs, nous les unissons à la Passion du Christ afin qu’elles deviennent souffrances sanctifiées et sanctifiantes pour la paix en Syrie et le salut de notre ville", écrivent encore les évêques d’Alep qui invitent à ne pas se laisser "vaincre par la tristesse et le désespoir" car "telle est la signification la plus importante de notre présence maintenue à Alep".
Une ville coupée en deux
Depuis 2012, la deuxième ville de Syrie est divisée en deux par une ligne de séparation entre les parties contrôlées par le régime et celles entre les mains des rebelles. Mais, dans la périphérie, les groupes rebelles tiennent en grande partie les zones dans l'ouest tandis que les forces du régime encerclent presque les quartiers rebelles à l'est. Hier encore, une coalition de groupes rebelles a lancé une offensive sur les quartiers occidentaux contrôlés par le régime. Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ces combats furent "les plus violents à Alep depuis plus d'un an". Et la population sur place est bien pessimiste sur le respect d'un nouveau cessez-le-feu actuellement en cours de discussion à Berlin.
P.G. (avec Radio Vatican)
Photo: Des raids intenses ont frappé l’hôpital al-Qods d'Alep le 28 avril dernier
