Dans les rues de Séoul, un bus coloré circule. AGIT, son nom coréen, signifie «Le bus qui prend soin des jeunes». En cette année sainte de la miséricorde, il a un petit plus: entrer dans le bus permet de franchir la porte sainte de la miséricorde, et donc recevoir le pardon et la compassion de Dieu.
Depuis un an, le père Vincenze Bordo, missionnaire italien de l’Oblat de Marie immaculée, a pris au mot l’injonction du pape François: «Quittez vos belles et agréables églises et allez à la rencontre des dangereuses périphéries de l’humanité. Partez à la recherche des pécheurs, des rejetés, des plus marginalisés de nos sociétés et apportez-leur la miséricorde de Dieu.»
Le missionnaire présent en Corée du Sud depuis 26 ans, a décidé en 2015 de quitter le ‘confort’ d’un centre d’accueil pour SDF pour se lancer sur les routes. Avec quelques volontaires, il parcourt les quartiers les plus misérables de Séoul pour sortir enfants et adolescents de la misère.
«Une Porte Sainte» là où la misère abonde
Pour cette année jubilaire, de nombreuses portes saintes ont été ouvertes dans les églises du monde entier. L’archevêque de Séoul a donné son accord pour transformer la porte automatique du bus AGIT en «Porte sainte de la miséricorde».
Le père Vincenze Bordo confie à ses confrères missionnaires: «Ainsi nos jeunes qui le souhaitent peuvent franchir la porte de notre bus et recevoir les indulgences jubilaires. Quiconque franchit cette «Porte Sainte» est également invité à pratiquer la miséricorde avec les personnes que nous rencontrons dans les rues. C’est une porte qui a vocation à rendre saint ceux qui la franchissent!»
Le missionnaire qui a créé plusieurs structures d’accueil pour jeunes, poursuit: «Notre mission s’inscrit dans les pas de Jésus qui a osé quitter les 99 brebis du troupeau pour aller retrouver la brebis égarée dans les dangereux rochers de la montagne». Pour le père Bordo, «Ce bus c’est notre jubilé… Il n’est pas fait de prières récitées dans une agréable église embaumée d’encens, mais d’un quotidien vécu auprès des plus délaissés, où le travail et les actes de miséricorde sont posés dans un environnement dangereux et inhumain.»
A.-F . de Beaudrap (avec Missions étrangères de Paris)
