Le pape invite à lutter contre la richesse, la vanité et l’orgueil


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Le pape invite à lutter contre la richesse, la vanité et l’orgueil
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

pape_voyage_MexiqueArrivé au Mexique le 12 février au soir, après sa rencontre historique avec le patriarche Cyrille, le pape a célébré sa première messe devant une foule immense, à l'occasion du premier dimanche de Carême à Ecatepec, une commune de l’agglomération de Mexico qui compte à elle seule plus de 1,6 million d’habitants. Dans cette ville marquée par une forte criminalité, le pape a insisté dans son homélie sur le sens du temps du Carême, un moment favorable pour retrouver la joie et l’espérance que nous ressentons du fait d’être enfants aimés du Père.

«Le Carême est un temps de conversion parce que nous faisons quotidiennement l’expérience dans notre vie de la façon dont ce rêve est sans cesse menacé par le père du mensonge, par celui qui cherche à nous séparer, en créant une société divisée et qui s’affronte, a expliqué le Saint-Père. C’est un temps pour démasquer ces trois grandes formes de tentations qui brisent, divisent l’image que Dieu a voulu former». Le pape les a listées en détail:

«La richesse, en nous appropriant de biens qui ont été donnés à tous, les utilisant seulement pour moi ou 'pour les miens'. C’est avoir le 'pain' à la sueur du front de l’autre, voire au prix de sa vie. Cette richesse, qui est un pain au goût de douleur, d’amertume, de souffrance. Dans une famille ou une société corrompue, c’est le pain que l’on donne à manger à ses propres enfants.

La vanité, elle est la recherche de prestige sur la base de la disqualification continuelle et constante de ceux qui 'ne sont pas comme nous'. La recherche exacerbée de ces cinq minutes de gloire, qui ne supporte pas la 'gloire' des autres. 'Transformant l’arbre tombé en bois de chauffage', elle conduit à la troisième tentation, la pire:

L’orgueil, c'est-à-dire se mettre sur un plan de supériorité en tout genre, sentant qu’on ne partage pas 'la vie du commun des mortels', et prier tous les jours: 'Merci Seigneur parce que tu ne m’as pas fait comme eux'.»

Prenant l’exemple de Jésus, qui ne répondait pas au démon avec ses paroles propres mais avec les Paroles de l’Ecriture, le pape a donc appelé à résister à ces tentations du démon, en lançant cet appel spontané: «Frères et sœurs, mettons-nous le dans la tête: on ne dialogue pas avec le Diable, Seule la force de la Parole de Dieu peut le vaincre!», a improvisé le pape avec force.

«Nous savons ce que signifie être séduit par l’argent, la gloire et le pouvoir. C’est pourquoi l’Eglise nous offre ce temps, elle nous invite à la conversion avec une seule certitude: Lui nous attend et il veut guérir nos cœurs de tout ce qui le dégrade, en étant dégradé ou en dégradant. Il est le Dieu qui porte un nom: miséricorde.» Le pape François a enfin invité la foule à répéter ces paroles du psalmiste: «Tu es mon Dieu, en toi j’ai mis ma confiance».

Départ pour le Chiapas

Aujourd'hui, le pape François se rend au Chiapas où il va célébrer une messe avec la communauté indigène à San Cristobal de Las Casas. Il a décidé de visiter un des Etats les plus emblématiques des problèmes socio-économiques et politiques du Mexique. Le Chiapas est connu aussi bien au Mexique qu’à l’étranger pour la question indigène qui s’y pose avec acuité. A partir de 1994, l’Etat le plus indigène du Mexique, a été secoué par la rébellion de l’Armée zapatiste de libération (EZLN) représentée par le charismatique et médiatique sous-commandant Marcos. L’objectif était de résoudre les nombreux problèmes des indigènes et les injustices dont ils sont victimes depuis des siècles.
La question de la terre a été au centre du débat. La majorité des terres était détenue par quelques grands propriétaires. Les droits culturels des indigènes, qui parlent toujours leurs nombreuses langues, faisaient partie également des revendications des zapatistes. Les droits politiques étaient aussi un des points d’achoppements.

Le Chiapas est aussi l'Etat le moins catholique du pays: seulement 58% de ses habitants se déclarent de cette foi selon le dernier recensement officiel en 2010.

Radio Vatican

Catégorie : Eglise Belgique

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