Europol s’inquiète du sort de plus de 10.000 enfants migrants


Partager
Europol s’inquiète du sort de plus de 10.000 enfants migrants
(c) Stephen Ryan / IFRC
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

(c) Stephen Ryan / IFRC

(c) Stephen Ryan / IFRC

Des milliers d'enfants migrants ont disparu des radars, selon Europol. L'agence de coordination policière s'inquiète de ce que les mineurs non accompagnés puissent être récupérés par des filières de crime organisé.

Plusieurs médias, dont le Huffington Post, font l'écho d'une interview d'un responsable d'Europol dans l'hebdomadaire britannique The Observer. L'agence policière Europol a confirmé le chiffre d'au moins 10.000 enfants migrants dont les autorités européennes ont perdu la trace au cours des 18 à 24 derniers mois. Certes, certains auront rejoint les membres de leur famille. Mais d'autres mineurs, dont on ne connaît pas le nombre exact, ont disparu des radars. Ils peuvent être tombés entre les mains d'une "infrastructure criminelle" qui profiterait de cette crise migratoire en Europe.

Rafaella Milano, directrice des programmes Italie-Europe de l'ONG Save the Children, réagit auprès d'AFP: "Les mineurs voyageant sans adultes sont le groupe le plus vulnérable du flux de migrants. Le renforcement des mesures de protection contre les risques graves qu'ils courent est indispensable."

L'Italie et la Grèce étant les portes d'entrée principales sur le territoire européen, c'est souvent là que les autorités perdent la trace des enfants migrants. Il est vrai que les mineurs veulent se cacher de la police, par peur d'être renvoyés. Pour ceux qui restent visibles des autorités, la procédure d'identification des liens familiaux s'avère extrêmement longue. Certaines organisations criminelles font passer l'un des leurs pour un oncle ou un cousin éloigné, afin d'emmener l'enfant.

Le responsable d'Europol confirme qu' "il y a en Allemagne et en Hongrie des prisons dans lesquelles la grande majorité des détenus en raison d'activités criminelles liées à la crise migratoire." Des groupes se sont développés dans la traite d'êtres humains, aux fins d'exploiter les migrants. L'agence européenne de coordination policière évoque alors l'esclavage ou les activités liées au commerce du sexe. Face à ce fléau, peu d'Etats ont prévu un accueil spécifique pour les mineurs migrants non accompagnés.

A.-F. de Beaudrap (avec Huffington Post, Les Echos)

Catégorie : International

Dans la même catégorie