Deux édifices religieux ont été incendiés le dimanche 10 janvier dans le diocèse de Meaux (France). L'un des incendies serait d'origine accidentelle, estime le parquet de Fontainebleau. L'autre qui a fait le plus de dégâts, a été causé par un homme psychologiquement fragile.
L'incendie d'une église de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 janvier, suscite toujours une grande émotion en France. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est dit «choqué» et a dénoncé un «acte abject», lors de sa visite lundi soir dans l'église Saint-Louis, située dans le centre-ville de Fontainebleau. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a dénoncé dans un communiqué «les destructions et la disparition de plusieurs objets (...) classés ou inscrits au titre des monuments historiques». «Porter atteinte à ces objets, c'est aussi s'attaquer à l'art et à l'histoire», a ajouté la ministre. Ces œuvres «doivent être préservées et transmises aux générations futures».
Un autel du XVIIe siècle, qui appartenait autrefois au château de Fontainebleau, a été détruit par le feu. Une Vierge à l'Enfant polychrome du XIVe siècle, dite de Notre-Dame-de-Flanchard, a disparu, brûlée ou volée.
Dans la nuit de samedi à dimanche, trois foyers d'incendie ont été allumés dans l'église, provoquant des dégâts matériels. Les hosties consacrées ont été jetées sur le sol et un ciboire a été volé, il ne s'agit donc pas d'un simple acte de vandalisme mais bien d'une profanation. Mgr Jean-Yves Nahmias, l'évêque de Meaux, présidera une messe de réparation en l'église Saint-Louis ce dimanche 24 janvier à 10h30. Selon le droit canon, lorsque le chœur d’une église est profané ou qu’un sacrilège est commis sur le Saint-Sacrement, une cérémonie de réparation, présidée par un évêque et détaillée dans le cérémonial des évêques, est préconisée. Aucun culte ne peut être célébré «tant que l’injure n’a pas été réparée par le rite pénitentiel prévu par les livres liturgiques».
Mardi, le parquet a annoncé l'internement immédiat en psychiatrie d'un marginal de 48 ans soupçonné d'être l'auteur des profanations et des départs de feu.
Depuis Rome, dans une lettre datée du 12 janvier, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, s’associe à la douleur des paroissiens de Fontainebleau, auxquels il avait rendu visite l'an dernier: "Je revois chaque détail de cette belle église Saint-Louis où je vous avais adressé la parole. J’avais ensuite dédicacé mon livre sous le doux regard de la Vierge de Franchard, qui a malheureusement disparu dans l’incendie sacrilège. Mais le visage d’une mère ne peut disparaître. La Vierge Marie, notre tendre Mère, est encore là qui vous regarde. Elle veille sur vous et vous console de toute tristesse. […] Aujourd’hui, je veux vous dire que mon cœur de pasteur souffre avec vous."
(Radio Vatican)
Sources photos: la page Facebook du maire de Fontainebleau
