Vice-président de la Cellule de traitement des informations financières (CTIF), Philippe de Mûelenaere est aussi un homme au fort engagement social, notamment dans le domaine du handicap mental.
Cet ancien avocat au barreau de Bruxelles travaille depuis de nombreuses années dans le secteur financier. Jusqu'en 2007, il fut directeur adjoint à la Commission bancaire et financière et des Assurances (CBFA, devenue aujourd'hui la FSMA), l'organisme en charge du contrôle prudentiel des banques et des assurances. Aujourdhui, il occupe la vice-présidence de la Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF) qui traque les opérations financières de blanchiment d'argent et celles menées par les groupes mafieux (argent de la drogue, de la prostitution…). Il est également membre de la délégation belge au Groupe d’Action Financière à Paris (GAFI).
Philippe de Mûelenaere possède un CV impressionnant qui ne l'empêche pas de s'engager totalement dans des activités extra-professionnelles à but social. Ainsi, il est, entre autres, animateur bénévole et ancien Président de l’asbl "Le Silex", mouvement d’éducation permanente et centre d’expression et de créativité pour personnes en situation de handicap mental, président du Centre religieux de recherche, d’information et d’analyse de la bande dessinée (CRIABD) et membre du comité organisateur de Rivespérance 2016.
Vous êtes président du Centre Religieux d’Information et d’Analyse de la Bande dessinée, le CRIABD. Comment évangélise-t-on par la bande dessinée?
Le CRIABD est né d'une intuition du frère jésuite Roland Francart il y a trente ans. L’idée était que si on voulait faire connaître Jésus aux enfants, aux adolescents mais aussi aux adultes, il fallait utiliser le 9e Art. Il y a 36.000 façons de faire connaître Jésus mais celle-là est magnifique. Et cette intuition s’est concrétisée puisque l’association vient de fêter ses trente ans. Notre activité principale consiste à suivre l’actualité de la BD chrétienne où une vingtaine d’albums sont publiés chaque année en France ou dans des maisons d’édition belges. Nous vérifions d'abord si l'ouvrage a un caractère chrétien, donc susceptible de faire connaître la Bonne nouvelle aux lecteurs, et s'il répond à nos critères. Nous veillons aussi à la qualité de la BD. Est-elle suffisante pour contribuer à notre objectif? Nous venons de fêter nos trente ans et l'asbl compte 118 membres.
Vous êtes aussi membre du Comité organisateur de Rivespérance. Peut-être deux mots sur le thème pour 2016?
Le thème a été particulièrement bien choisi par l’équipe porteuse puisque c’est: "Habiter notre maison commune". Et donc, réfléchir ensemble et tenter de commencer à agir au sujet de la dernière encyclique du pape François "Laudato Si". On s’est dit qu’il fallait vraiment que l’Eglise et les chrétiens de Belgique s’engagent et réfléchissent en profondeur sur tous les thèmes qui peuvent être liés à cette encyclique. Rivespérance lance un message à l’ensemble de la société et sort des murs classiques. Pour l’Eglise de Belgique, c’est un élan formidable. Rivespérance se déroulera les 4, 5 et 6 novembre 2016 à l’Université de Namur et nous avons l'espoir de rassembler 2.000 participants.
Vous êtes actifs dans des secteurs difficiles. Quand on côtoie la difficulté profonde de certains, comment fait-on pour garder l’espérance?
Garder l’espérance, c’est garder ses valeurs. Si on des valeurs bien ancrées en soi et même si le chemin est semé d’embûches, on avance. On ne parviendra jamais à résoudre tous les problèmes, mais on peut améliorer la situation de pas mal de personnes avec qui on fait un bout de chemin. On y trouve énormément de raisons d’espérer.
Propos recueillis par Clotilde Nyssens et Jean-Jacques Durré
Extraits de l'émission "Engagez-vous", diffusée sur RCF Bruxelles et réécoutable en podcast sur www.rcf.be
Lire l'article complet dans l'hebdomadaire Dimanche n° 1 du 10 janvier 2016
