Angélus : le pape déterminé à poursuivre les réformes de la Curie


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Angélus : le pape déterminé à poursuivre les réformes de la Curie
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
5 min

Pape François angelusLors de l’angélus ce dimanche 8 novembre, le pape François est revenu sur l'Evangile du jour qui relate le récit de la veuve pauvre qui met toute sa fortune dans le Trésor du temple. Mais il s'est surtout livré à une mise au point très claire sur l’affaire dite "Vatileaks 2".

Revenant sur le nouveau scandale qui défraie la chronique vaticane depuis plus d’une semaine, le Saint-Père a affirmé avec force qu’il continuerait son travail de réforme. "Je sais que beaucoup d’entre vous ont été troublés par les informations qui ont circulé ces jours derniers au sujet de documents confidentiels du Saint-Siège qui ont été dérobés et publiés."

Auparavant, le pape a invité à se mettre à l'école de la pauvreté, à l'image de la pauvre veuve de l'Evangile du jour, qui met toute sa fortune dans le Trésor du temple. "Cet extrait peut se diviser en deux parties", a souligné François, "l'une où il est décrit comment ne doivent pas être ceux qui suivent le Christ, l'autre qui propose une figure exemplaire de chrétien."

Jésus commence en effet par mettre en évidence les défauts des scribes, les maîtres de la Loi, dont le style de vie est caractérisé par l'orgueil, l'hypocrisie et l'avidité, eux "qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners". Mais sous les apparences a expliqué le Pape, se cachent fausseté et injustice. Les scribes priaient en réalité pour se faire voir. Aujourd'hui aussi existe le risque de tomber dans ces comportements a relevé le Saint-Père, par exemple quand on sépare la prière de la justice, parce que l'on ne peut pas rendre culte à Dieu tout en faisant du tort aux pauvres. Ou bien encore lorsque l'on dit aimer Dieu mais qu'on lui oppose notre prétention.

"Ayant Dieu elle avait tout"

En relisant la scène de la vieille femme pauvre au temple de Jérusalem, le Saint-Père a rappelé que de nombreux riches mettaient de grosses sommes dans le Trésor tandis que cette pauvre veuve mettait seulement deux petites pièces. Mais Jésus a fait observer à ses disciples combien à l'inverse de ceux qui se débarrassaient du superflu, la veuve, avec discrétion et humilité avait donné tout ce qu'elle avait pour vivre. Elle ne voulait pas faire les choses à moitié avec Dieu a souligné François. Dans sa pauvreté, elle a compris qu'ayant Dieu elle avait tout, elle se sent totalement aimée par Lui et l'aime totalement à son tour.

Aujourd'hui encore, Jésus nous enseigne que la règle d'or n'est pas la quantité mais la plénitude a précisé le Souverain Pontife, ce n'est pas une question de portefeuille mais de coeur. Aimer Dieu de tout son coeur signifie lui faire confiance dans sa providence, dans le service des frères les plus pauvres sans rien n'attendre en échange.

Devant les besoins de notre prochain a encore souligné François, nous sommes appelés à nous priver de quelque chose d'indispensable, et pas seulement du superflu, nous sommes invités à donner le temps nécessaire pour lui, à le donner tout de suite et sans réserve, quel que soit notre talent et sans faire passer au premier plan nos ambitions personnelles ou de groupe. Le pape a ainsi demandé que l'on écoute le Seigneur pour que l'on se mette à l'école de cette pauvre veuve de l'Evangile. "Demandons le don d'un cœur pauvre, mais riche d'une générosité libre et gratuite", a conclu François.

Déterminé à poursuivre son action de réforme

Juste après la prière de l’angélus, le pape a décidé d’affronter le sujet des nouvelles fuites intervenues au Vatican la semaine dernière. Des fuites qui ont conduit à l'arrestation d'un prélat. Il a parlé des documents divulgués dans deux ouvrages publiés cette semaine en Italie. "Je voudrais d’abord vous dire que voler ces documents est un délit. C’est un acte déplorable qui n’aide pas. Moi-même j’avais demandé de réaliser ce travail et ces documents, moi et mes collaborateurs nous les connaissions déjà bien. Des mesures ont été prises et ont commencé à donner des résultats, dont certains sont visibles".

Le pape condamne donc sans ambages les actes qui ont amené l’éclatement de ce scandale que beaucoup d’analystes ont vu comme une tentative d’entraver la volonté de François de réformer la Curie et l’ensemble du Vatican. C’est pourquoi il a confié à la foule rassemblée sous sa fenêtre sa détermination à poursuivre l’action qu’il a entamée au lendemain de son élection. "Je veux vous assurer que ce triste fait ne m’écarte pas du travail de réforme que nous sommes en train d’accomplir avec mes collaborateurs et avec le soutien de vous tous », clame-t-il sous les applaudissements des fidèles. « Oui, avec le soutien de toute l’Église, parce que l’Église se renouvelle avec la prière et avec la sainteté quotidienne de chaque baptisé."

Le pape a conclu en demandant de "continuer à prier pour le pape et pour l’Eglise, sans se laisser tourmenter mais en allant de l’avant avec confiance et espoir". François a en quelque sorte envoyé publiquement un avertissement à tous ceux qui voudraient l’empêcher d’accomplir sa mission. "Quel que soient les obstacles qui se dressent sur ma route, j’avance".

Préserver la terre pour nourrir tout le monde

Dans ses saluts, le pape a évoqué la Journée du remerciement célébrée ce dimanche en Italie. Ayant pour thème «le sol, bien commun», cette journée est couplée à Rome à la journée diocésaine pour la conservation de la Création qui est marquée cette année par une Marche pour la terre. Le pape a rappelé que la terre «est un bien collectif précieux», dont les «fruits ont une destination universelle». Il en a profité pour exprimer sa proximité avec le monde agricole et pour encourager ce dernier à «cultiver la terre de manière à en préserver la fertilité afin qu’elle produise de la nourriture pour tous, aujourd’hui et pour les générations futures.»

Le pape a rappelé qu’il se rendrait mardi 10 novembre à Prato et à Florence pour y participer au 5e Congrès national de l’Église italienne, «un important événement de communion et de réflexion». Il a également adressé un salut aux «représentants de l’Ordre des Prêcheurs, les Dominicains qui, hier, ont ouvert le huitième centenaire de leur fondation. (...) Merci pour tout ce que vous faites dans et pour l'Eglise.» (XS)

J.J.D. (Avec Radio Vatican)

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