« Cas » Vincent Lambert: réaction de deux évêques


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« Cas » Vincent Lambert: réaction de deux évêques
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Jordan

A la suite de la décision de la Cour européenne des droits de l'homme, confirmant l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, en état végétatif depuis sept ans, Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, et de Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire, publient une réflexion.

Le 5 juin dernier, La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a conclu "par 12 voix contre 5, qu’il n’y aurait pas violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme, régissant le droit à la vie, en cas de mise en oeuvre de la décision du Conseil d’Etat autorisant l’arrêt des soins" de Vincent Lambert. Ce patient tétraplégique est maintenu en vie grâce à une alimentation et une hydratation artificielles depuis sept ans.

Pour les deux évêques, des questions éthiques essentielles demeurent sans réponse à la suite de cet arrêt. Selon eux, Monsieur Lambert est "une personne polyhandicapée en état de conscience minimale" et n'est donc, "strictement parlant, ni malade, ni en fin de vie". Dans ce cas, le fait de continuer de nourrir une personne qui ne peut plus s’alimenter par elle-même peut-il être assimilé à de l'acharnement thérapeutique, alors qu'elle ne reçoit pas, à proprement parler, de soins thérapeutiques? "Arrêter volontairement l’alimentation et l’hydratation, même de manière progressive et indolore, ne peut se faire que dans la perspective de faire mourir. On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie", estiment les auteurs de cette réflexion.

Tout en reconnaissant la complexité de cette situation particulière, les deux évêques tiennent à rappeler que "la dignité d’une personne ne dépend pas de son utilité pour la société, de son autonomie, ni de la conscience qu’elle pourrait avoir éventuellement d’elle-même. Notre dignité vient de Dieu qui a créé chacun à son image et pour qui Jésus-Christ a donné sa vie." Ils invitent enfin à mesurer le véritable enjeu du débat actuel : le vie. "La vie de Vincent Lambert et des 1500 personnes qui partagent sa condition sur notre territoire national. Il serait plus que regrettable que notre pays se donne le droit de transgresser une loi qui est inscrite au plus profond du coeur de l’homme : 'tu ne tueras point'. D’autant plus qu’il existe des hommes et des femmes ainsi que des institutions prêts à accueillir Vincent Lambert tel qu’il est."

Les questions que soulèvent les deux hommes d'Eglise à travers cette réflexion sont essentielles et extrêmement complexes. D'une part, il semble que l'on ne puisse pas parler d'acharnement thérapeutique à proprement parler, puisqu'il ne s'agit pas de prodiguer des soins en vue d'obtenir une guérison inenvisageable. d'autre part, il ne s'agit pas non plus d'euthanasie active. Mais le fait de laisser mourir une personne en situation de dépendance extrême, qui n'est pas en fin de vie par ailleurs, ne doit-il pas être considéré comme une forme d'euthanasie passive? La personne concernée ne peut certes pas survivre sans alimentation artificielle, mais la dépendance extrême de la personne constitue-t-elle un argument éthiquement justifié pour arrêter les soins prodigués ?

C.H., d'après NN. SS. Thierry Jordan et Bruno Feillet, "Choisis la vie"

 

Catégorie : International

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