Une trentaine de morts sur un bateau de migrants


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Une trentaine de morts sur un bateau de migrants
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

migrantsCe lundi 30 juin, une trentaine de cadavres ont été trouvés sur un bateau de migrants secouru dans le Canal de Sicile qui sépare l'Italie des côtes nord-africaines. C'est la première fois qu'un aussi grand nombre de corps est découvert à bord d'une même embarcation.

Le bateau de pêche a été secouru dans la nuit de dimanche à lundi alors qu'il traversait le canal de Sicile entre l'Italie et les côtes nord-africaines. A son bord, la marine italienne a retrouvé une trentaine de cadavres sur les quelque 590 migrants que transportait l'embarcation. Les immigrés décédés sont apparemment morts par asphyxie.

Ce n'est pas la première fois que des sauveteurs retrouvent des corps de migrants à bord de navires secourus en pleine mer dans le Canal de Sicile, mais jamais, jusqu'à présent, en si grand nombre.

Le triste record de 2011 sera sans doute dépassé

Durant ce seul week-end, les garde-côtes se sont portés au secours de 1.654 migrants qui tentaient la traversée vers l'Europe, le tout réparti sur sept embarcations. Depuis le début de l'année, ce chiffre s'élève à plus de 60.000. Le triste record de 2011, avec ses 63.000 personnes secourues dans le canal de Sicile, devrait être largement dépassé. En raison d'une météo favorable et de l'insécurité croissante dans leur pays d'origine mais également en Libye, leur point de départ, des milliers d'immigrés et réfugiés - Syriens, Erythréens, habitants pauvres d'Afrique sub-saharienne - prennent la mer chaque semaine en direction des côtes italiennes.

Les effets pervers des opérations de sauvetage

Ces sauvetages s'inscrivent tous dans le cadre de l'opération Mare Nostrum, lancée par l'Italie à l'automne 2013 après deux terribles naufrages, l'un près de Lampedusa, l'autre près de Malte ayant fait au moins 400 morts. Selon certains experts, l'opération a des effets pervers car les navires militaires italiens vont de plus en plus loin au large se rapprochant des côtes libyennes, ce qui tend à alimenter le flux des départs.

L'Italie a obtenu un renforcement de Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes, et des aides supplémentaires pour gérer l'afflux de migrants. Mais elle voudrait de l'Union européenne, et en particulier des pays du nord de l'Europe, une plus grande solidarité dans l'effort d'accueil des immigrés.

P. A.


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