Pour le pape François, il faut accompagner et non pas condamner ceux qui connaissent l’échec de leur propre amour.
Le 28 février dernier, lors de sa messe matinale, le pape a pris appui sur l'évangile du jour pour offrir une catéchèse sur la beauté du mariage, mais aussi demander à ce que l'on ne condamne pas ceux qui connaissent l'échec de leur propre amour. "Quand on laisse son père et sa mère pour s’unir à une femme, ne faire qu’une seule chair et aller de l’avant et que cet amour échoue, nous devons écouter la douleur de l’échec, accompagner ces personnes qui ont subi cet échec de leur propre amour", a-t-il expliqué. "Ne pas condamner! Marcher de l’avant avec eux!"
Des propos qui prennent une coloration particulière dans la perspective du prochain synode sur la famille et suite aux questionnaires envoyés par le Vatican dans les diocèses du monde entier pour préparer ce futur synode. Comme l'explique Marie-Lucile Kubacki dans l'hebdomadaire "La Vie", chacun semble avoir une idée assez précise de ce qu'il attend de "son" synode. Le problème, c'est que les espoirs des uns ne sont pas nécessairement ceux des autres.
Des points de vue très différents
Ainsi, les réponses des catholiques diffèrent sensiblement dès que l'on s'éloigne de l'Europe. Dans nos pays, il y a effectivement un décalage entre l'enseignement de l'Eglise et les choix des couples. En Suisse, par exemple, 90% des personnes qui ont répondu au questionnaire se disent en faveur de la communion pour les personnes divorcées et 60% "soutiennent le vœu de reconnaissance et de bénédiction par l'Eglise des couples homosexuels". En Allemagne, les jeunes catholiques jugent "irresponsable" de s'engager dans le mariage sans avoir éprouvé la solidité de leur lien en cohabitant avant de recevoir le sacrement.
En Afrique, par contre, la question sensible n'est pas tellement de savoir si les divorcés remariés vont pouvoir enfin communier ou se confesser, mais de trouver comment mettre fin à la polygamie. Et pour bon nombre d'entre eux, mettre fin à la polygamie suppose d'inciter l'Eglise à durcir le propos sur l'indissolubilité du mariage comme lien entre un homme et une femme pour la vie. Un point de vue difficilement conciliable avec celui de l'Occident.
Le pape François jouera donc certainement un rôle d'unité déterminant durant le synode sur la famille.
P. A. (avec La Croix et La Vie)
